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Musique classique et opéra par Classissima

Jean-sébastien Bach

samedi 19 août 2017


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7 août

PARIS. FESTIVAL TERPSICHORE, dès le 15 septembre 2017

Classiquenews.com - Articles PARIS. Festival Terpsichore, 15 septembre – 12 octobre 2017. VIOLONS, VIOLES & VOIX… c’est le thème qui unit 6 concerts d’exception, à l’époque où dans la conversation instrumentale, le Baroque inventait le chambrisme allusif, éloquent, transcendant. Le festival Terpsichore dont le claveciniste Skip Sempé assure la direction artistique, a aussi l’intérêt d’investir plusieurs sites historiques du Paris patrimonial, souvent méconnu des parisiens eux-mêmes. La 4è édition de Terpsichore sait favoriser l’alliance de l’articulation, l’expressivité, la musicalité afin de ressusciter cette musique de chambre qui avant le XIXè pathétique et héroïque, essor de l’âge romantique, a vécu un premier âge d’or au XVIIè et XVIIIè siècles, quand la rhétorique musicale, celle des passions, était l’une des plus raffinées qui soient. Profitant du week end des Journées du Patrimoine, les 15, 16 et 17 septembre 2017, le Festival offre tout un cycle de découverte, d’exploration musicale, interdisciplinaire, à la salle Erard, joyau architectural enfin restauré et réhabilité, qui vit les premiers concerts de Liszt et Chopin dans la Capitale rue du Mail… De nombreuses oeuvres pour violon, viole et voix sont à l’honneur ainsi cette année, en particulier dans deux concerts du Capriccio Stravagante, dont un récital duo de Sophie Gent & Bertrand Cuiller (17 septembre). Le spectacle du flûtiste Julien Martin avec le danseur Hubert Hazebroucq (Salle Erard, le 15 septembre, concert d’ouverture) et le programme de l’ensemble Masques d’Olivier Fortin (créateur d’un superbe cd Telemann récemment distingué par le CLIC de classiquenews ), avec le contre-ténor Damien Guillon (12 octobre), soulignent quant à eux, un événement musical important de l’année 2017 : le 250ème anniversaire de la mort de Telemann justement (LIRE notre dossier spécial Telemann 2017 ). Auteur d’une écriture cosmopolite, aussi virtuose que profonde et élégante, Telemann mérite assurément d’être honoré à Paris, d’autant plus que nous lui devons les fameux Quatuors parisiens, emblèmes d’un raffinement européen d’une subtilité qui égale celle de Haendel ou de Bach. Le Festival Terpsichore souligne la magie qui naît de l’adéquation du concert et de l’écrin patrimonial qui l’accueille. La salle Erard acceuille la majorité des concerts. Ainsi, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine et pour faire (re)découvrir le lieu inspirant qu’est la Salle Erard, des visites guidées sont organisées en marge des concerts de musique de chambre, ainsi qu’une Masterclass ouverte au public (le 16 septembre). Pour le répertoire vocal, rendez-vous est donné dans l’incontournable Temple de Pentemont (28 septembre) et en l’Église Saint-Thomas d’Aquin (qui accueille pour la première fois, un concert Terpsichore, le dernier, programmé le 12 octobre 2017) : Programme du Festival Terpsichore 2017 Du 15 septembre au 12 octobre 2017 6 concerts Vendredi 15 septembre 2017, 20h30 Salle ERARD LA FLÛTE D’ARLEQUIN Julien Martin, flute à bec & Hubert Hazebroucq, danse Telemann connaissait particulièrement bien le style français et la musique à danser dont de nombreuses formes se retrouvent dans ses Fantaisies. Son répertoire instrumental, faisant honneur au « goût mêlé », ouvre les portes de la scène allemande du XVIIIème siècle qui accueillait aussi bien des danseurs français dans le genre noble, que des italiens spécialisés dans la danse « comique » ou « grotesque » et ses caractères de la Commedia dell’arte. Dans ce spectacle créé par le danseur Hubert Hazebroucq et le flûtiste Julien Martin, la musique de Telemann fait revivre le personnage d’Arlequin qui sert de fil conducteur. Figure maîtresse à l’époque, présente à la fois au théâtre, à la foire, ou à l’opéra, Arlequin est aussi lié, dans ses origines les plus archaïques, aux traits d’un chasseur nocturne, aux cycles et aux saisons… Concert-spectacle sans entracte Prix des places : 25 € / Moins de 26 ans et étudiants : 15 € Samedi 16 septembre 2017, 10h-12h SALLE ERARD MASTERCLASS : BYRD & FRESCOBALDI AU CLAVECIN Masterclass publique avec Skip Sempé Depuis plus de 30 ans, le style audacieux de Skip Sempé et de Capriccio Stravagante exerce son influence sur toute une génération d’artistes particulièrement sensibles à l’expression musicale. Pour les jeunes clavecinistes en formation qui participeront à cette Masterclass, il s’agira à la fois de la découverte d’un répertoire et d’un exercice de style. Les amateurs peuvent assister à ce moment de transmission en auditeur libre et ils en profiteront pour se préparer au concert du 28 septembre, consacré à la musique de William Byrd. Masterclass sans pause / Pour les auditeurs : entrée libre dans la limite des places disponibles — Pour les participants : inscriptions à l’adresse : info@terpsichoreparis.com Samedi 16 septembre 2017, 20h30 Salle ERARD VENEZIA DA CAMERA : A TRE VIOLINI Capriccio Stravagante Cecilia Bernardini, Jacek Kurzydlo, Tuomo Suni – violons André Henrich – luth Olivier Fortin – orgue Skip Sempé – clavecin L’année 2017 marque le 450ème anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi, compositeur qui bouleversa le mode d’expression musical de son époque et qui influença profondément les générations suivantes. Mais qu’en est-il des instrumentistes de son entourage et des oeuvres qu’ils nous laissèrent ? Capriccio Stravagante nous convie à un programme qui explore le répertoire pour violon de cette période extraordinaire. Cette nouvelle langue utilisée par les contemporains de Monteverdi exigeait déjà à l’époque une approche différente. Skip Sempé nous propose la sienne, fruit de ses recherches musicologiques et de sa curiosité musicale. Concert sans entracte Prix des places : 25 € / Moins de 26 ans et étudiants : 15 € Dimanche 17 septembre 2017, 16h Salle ERARD BACH : SONATES POUR CLAVECIN ET VIOLON Bertrand Cuiller, clavecin & Sophie Gent, violon Comme nombreux de ses contemporains, Bach s’est intéressé à la sonate en trio, mais à sa façon. Avec lui, l’effectif requis pour l’interprétation de la sonate en trio passe de quatre interprètes – deux instruments mélodiques accompagnés par deux instruments à la basse continue – à un seul, dans le cas de la sonate pour orgue, et à deux dans les sonates pour clavecin obligé et instrument mélodique. Le claveciniste Bertrand Cuiller et la violoniste Sophie Gent, complices dans l’interprétation de ces oeuvres depuis de nombreuses années, nous en offrent leur vision prenante et intelligente. Concert sans entracte Prix des places : 25 € / Moins de 26 ans et étudiants : 15 € Jeudi 28 septembre 2017, 20h30 Temple de PENTEMONT WILLIAM BYRD : CONSORTS PRIVES ET PUBLICS La Compagnia del Madrigale Capriccio Stravagante / Skip Sempé William Byrd était un catholique qui vécut dans l’Angleterre protestante. Cette situation personnelle et artistique trouble eut comme conséquence qu’une grande partie de sa musique sacrée catholique fut jouée en privé, voire même clandestinement. En plus du Gradualia I de 1605, le programme comprendra des consort songs sacrés et profanes, de la musique pour consort de violes et claviers ainsi que les Cries of London de Richard Dering, pièce écrite pour voix et violes. Cette oeuvre est inspirée par la distraction que cause la clameur des vendeurs de rue et dont les échos parviennent aux fenêtres, alors que les consorts de violes jouent dans leurs quartiers privés. Co-production avec le Festival Oude Muziek Utrecht Concert avec entracte Prix des places : 25 € / Moins de 26 ans et étudiants : 15 € Jeudi 12 octobre 2017, 20h30 Eglise SAINT-THOMAS D’AQUIN TELEMANN : CANTATES & CONCERTI Damien Guillon, contre-ténor Julien Martin, flûte à bec Ensemble Masques / Olivier Fortin Georg Philipp Telemann a laissé l’un des plus riches legs de la musique du XVIIIème siècle. Bien qu’admirée tout au cours de sa vie, son oeuvre a été pratiquement ignorée pendant les deux siècles suivant sa mort. Pourtant, sa musique fait avec brio la démonstration d’une maîtrise de toutes les formes musicales majeures de son siècle et d’une assimilation parfaite des styles français, italiens et polonais. L’ensemble Masques avec le contre-ténor Damien Guillon et le flûtiste Julien Martin, présente un concert dans lequel se marient fantaisie, virtuosité et intériorité. Au programme le concerto polonais, l’époustouflante suite pour flûte à bec et cordes ainsi que deux cantates intimistes. Concert avec entracte Prix des places : 25 € / Moins de 26 ans et étudiants : 15 € Visites guidées de la Salle ERARD VISITES GUIDÉES Samedi 16 septembre 2017, de 13h à 14h et dimanche 17 septembre de 11h à 12h LA SALLE ERARD ET SON HISTOIRE En trois ans, la magnifique Salle Erard est devenue le lieu emblématique du Festival, mettant à l’honneur la musique de chambre dans un cadre privilégié. Une visite découverte s’impose, pour mieux connaître cet endroit mythique qui a accueilli et mis à l’honneur le tempérament de nombreux interprètes et l’écriture de compositeurs célèbres. Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine Visites gratuites dans la limite des places disponibles INFOS & RÉSERVATIONS : Renseignements & billetterie www.terpsichoreparis.com 01 86 95 24 72 / info@terpsichoreparis.com _____ CD du Festival Terpsichore Sortie annoncée en septembre 2017 (Éditions Paradizo) William Byrd – Virginals & Consorts Skip Sempé / Capriccio Stravagante La musique pour clavier de William Byrd fascine depuis plus de cent ans connaisseurs et interprètes. Presque totalement inédite du vivant du compositeur, elle fut parmi les premières de son temps à être reconsidérée, lors du regain d’intérêt pour la musique ancienne qui marque le début du XXe siècle. La sonorité de base de l’orchestre de la Renaissance reposait principalement sur les violes, dont la souplesse et la dynamique communiquait une virtuosité inhabituelle et une richesse extraordinaire aux instruments qui les entouraient dans des ensembles plus vastes. Les musiciens continentaux avaient déjà commencé à franchir la Manche vers le milieu du XVIe siècle ; beaucoup de joueurs de viole employés par la cour étaient italiens. La musique imprimée circulait — aussi bien que les marins qui chantaient et sifflaient leurs airs. Dans le genre de la danse et variations, Byrd a affiné et perfectionné les oeuvres plus anciennes d’origine anglaise mais aussi italienne, espagnole, flamande ou française. Nous avons voulu revenir, au moyen d’une virtuosité et d’une expression libérées des carcans de l’interprétation de la musique ancienne, à une esthétique du consort n’ayant rien à envier à celle de Monteverdi et de ses contemporains. Après un siècle d’interprétations « historiques », il est important de parvenir à une compréhension plus riche et plus profonde de l’oeuvre de William Byrd, à travers une véritable virtuosité instrumentale et vocale, à la manière de celle inventée et exportée par les italiens. Voici la réédition attendue d’un disque qui est célébration de la musique instrumentale de la Renaissance, à l’occasion du Festival Terpsichore 2017, dont Skip Sempé est le directeur artistique. Les amateurs de cette musique redécouvriront avec bonheur une version remasterisée avec soin de l’un des disques clé du répertoire de Skip Sempé ; ceux qui ne le connaissent pas, ne pourront qu’être conquis par la liberté de cette interprétation et sa grande richesse sonore ! Extrait du CD : Byrd – Fantasia a 6 https://www.youtube.com/watch?v=RhbjpxjjZx4 ____________________

La lettre du musicien (Comptes rendus)

16 août

Le trompettiste Romain Leleu au 65e Festival de Prades

En l’église Saint-Pierre, devant le plus grand retable baroque de France (achevé en 1699 par le catalan Joseph Sunyer), le trompettiste lillois a joué trois concertos de Marcello, Telemann et Torelli au sein d’un programme qui faisait aussi la part belle à Bach.Introduit par Michel Lethiec, le directeur artistique des lieux (qui maintient et renouvelle la joie pure, l’esprit légendaire des origines), le premier concert donné en l’église de Prades de l’édition 2017 ne fut qu’exubérance de styles, contrastes de lumières, jeux de formes, caractérisation des thèmes. Un véritable foisonnement baroque. Le programme s’ouvrait en ré majeur par l’audition d’un concerto (1701) de Torelli, figure centrale de la vie musicale bolognaise. Né près de trente ans avant Bach, le violoniste italien fut un pionnier du genre qui contribua de façon décisive à faire évoluer le concerto grosso vers sa forme soliste. Répartition judicieuse des motifs, dialogue entre instrument principal et tutti, superbe mouvement lent tripartite (adagio, presto, adagio) : Romain Leleu s’en donne à cœur joie, superbement servi par Philippe Graffin, Clémence de Forceville (violons), Bruno Pasquier (alto), David Cohen (violoncelle) et Jurek Dybal (contrebasse). Pablo Casals oblige – on l’entendrait presque répéter depuis son podium de Marlboro – suit le 3e Concerto brandebourgeois BWV 1048, synthèse ahurissante, précisément, entre manière à la française et manière à l’italienne, concerto soliste et concerto grosso, virtuosité instrumentale et contrepoint serré. Mouvement vif et cordes groupées par trois, plus une basse : Ju-Young Baek, Mihaela Martin, Hagai Shaham ; Harmut Rohde, Gilad Karni, Bruno Pasquier ; François Salque, Ivan Moghinettin, Frans Helmerson. En transition, sobrement arrangé par Toshio Hosokawa, l’émouvant, le célèbre choral de Luther « O homme, pleure ton grand péché », dont la mélodie originelle est strasbourgeoise, que Bach harmonisa à plusieurs reprises, notamment dans la Passion selon saint Mathieu. Puis Romain Leleu reparaît pour le Concerto en ré de Telemann. Et une fois encore, le jeune trompettiste français, sans vouloir faire offense à son aîné, révèle une justesse d’intonation, une concentration sonore, une variété de timbres, une richesse supérieures à celles de Maurice André. Le jugement se vérifie dans le célèbre Concerto en ré mineur (pour hautbois) de Marcello – attaqué trop bas, comme il arrive quelquefois : adagio cantabile aux phrases et aux respirations bien senties, couleurs dans la voix. Dans l’intervalle, la Dédicace à Bach de Valentyn Sylvestrov, popularisée par Gidon Kremer, fut interprétée par Mihaela Martin et Michel Ventula (percussions). Apothéose de la soirée, la Suite en si mineur pour flûte et cordes BWV 1067, où ornemente à sa guise, chante et danse, littéralement, un Patrick Gallois souple et inspiré, à la fois soliste et chef de bande. Inflexions baroqueuses, flûte à la diction parfaite, à l’articulation fine, tour à tour veloutée, suave, incisive, fondue dans l’ensemble, en dialogue (avec François Salque dans la polonaise et son double), ou dominante. Transitions nettes, pas mesuré (menuet), plaisir de l’émulation générale : allègre et un rien trop vive, la charmante badinerie fut bissée. (6 août)




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7 août

Compte-rendu festivals 2017. Musique & Mémoire, les 29 et 30 juillet 2017. Résidence d’Alia Mens, année 2/3 : Jean-Sébastien Bach. Cantates, Messes, Concertos…

Compte-rendu festivals 2017. Musique & Mémoire, les 29 et 30 juillet 2017. Résidence d’Alia Mens, année 2/3 : Jean-Sébastien Bach. Cantates, Messes, Concertos… L’événement relève 2 défis : d’abord, confirmer la pertinence du geste de l’ensemble sur instruments d’époque Alia Mens chez Bach ; ce dans le prolongement du premier volet de la résidence offerte par le festival Musique & Mémoire en juillet 2016 ; ensuite confirmer la justesse d’un choix de programmation du dit festival : offrir à une jeune ensemble en émergence, les conditions idéales pour approfondir son approche des répertoires, ajuster ses fonctionnements, approfondir et ciseler sonorité et style, tester, expérimenter, oser toujours, voir plus loin. Ici le temps est cultivé, préservé, quand ailleurs la notion de résidence n’existe pas ou est galvaudé pour un vague cycle de concerts. Ici l’engagement signifie durée : chaque résidence dure 3 années. Rien de moins. Dans le cas d’Alia Mens, les festivaliers ont suivi l’avancée d’un geste artistique de plus en plus sûr, convaincant, enthousiasmant. ALIA MENS : DE L’ÉMERGENCE A L’ACCOMPLISSEMENT Pour Alia Mens (l’autre esprit), s’agissant de Jean-Sébastien Bach, la barre est plutôt très élevée. Après s’être pour nous dévoilé dans un programme suivi d’un cd récemment paru (Cantates de Weimar, édité par PARATY, CLIC de classiquenews de mai 2017), intitulé “La Cité Céleste” , lui-même créé, rodé dans le cadre de son année 1 à Musique et Mémoire, Alia Mens confirme lors des deux concerts présentés en création cet été (29 puis 30 juillet 2017), une évidente compréhension naturelle et organique de la musique du Cantor de Leipzig. A la justesse de l’interprétation, en une profondeur grave inédite, se joint l’intelligence dans la conception même de chaque programme. Le 29 juillet, place à la célébration de la Réforme / « Soli Deo Gloria » / pour la seule gloire de Dieu, emblème autographe inscrit comme une signature sur les manuscrit de Jean-Sébastien (anniversaire particulièrement fêté de l’autre côté du Rhin en 2017), avec 2 cantates (« Mit Fried und Freud » BWV 125 de 1725, et « Ein’ Feste Burg… » BWV 80 de 1724)) parmi les mieux contrastées et les plus profondes jamais écrites que Olivier Spilmont, directeur et fondateur de l’ensemble, a choisi d’encadrer par des extraits de la Missa Brevis (BWV233) : Gloria gorgé de vitalité irradiante en ouverture et Cum Sancto Spirito, acte final lui-même inscrit dans la révélation d’une ferveur de plus en plus assurée, ciselée, extatique, réjouie. Entre les deux massifs de pure jubilation, que de maîtrise architecturée, de respirations accordées, avec un sens naturel des jeux de timbres (on n’oubliera pas la confrontation des cordes bondissantes et dramatiques avec l’ardeur des bois et des vents (flûte et hautbois fusionnés, dialoguant avec une suavité qu’il est difficile d’entendre réellement chez Bach). Le chef porte l’édifice entier avec un allant permanent, conférant à la musique, une motricité continue ; rythme pointé, constructif, producteur d’expressivité comme de poésie. On est à 1000 lieues des réalisations soit métriquement justes mais sèches, soit hautement virtuoses mais exclusivement démonstratives. L’épaisseur qu’y apporte Olivier Splimont, une gravité permanente, la sincérité d’un geste qui témoigne de son propre ravissement, inspirent ici tout le collectif réuni autour de lui. Cette lecture de JS Bach vaut nouvelle exploration : elle dévoile en réalité ce qui fait le sens même de la spiritualité et de la conscience en musique. Geste habité, clarté de l’architecture, vérité de l’intention. BACH CÉLESTE ET HUMAIN… On a peu écouté Bach ainsi incarné, aussi subtilement charpenté. Alia Mens porte bien son nom : « l’autre esprit ». Un pur esprit habite chaque mesure, rétablit sa connexion avec l’expérience humaine et l’aspiration vers les sphères. Olivier Spilmont semble éclairer de l’intérieur les puissantes architectures et les perspectives inouïes que recèle l’écriture pour qui sait la comprendre la mécanique souveraine, et en dérouler la prodigieuse marqueterie musicale et spirituelle. Cela palpite et s’incarne dans un jeu de contrastes et de d’associations instrumentales, irrésistible. Une telle évidence dans le jeu, une telle intensité dans l’intention donnent l’impression que la musique se crée à mesure qu’elle est jouée. Impression enivrante qui atteste d’une intelligence de jeu. Le résultat saisit par sa force poétique, sa pulsion inextinguible et conquérante, son urgence aussi qui se dévoile à mesure que le temps musical se déroule : la musique devient monde, espace et temps à la fois, opéra et musique pure. Intention, sens. Conscience. Une telle intelligence chez Bach saisit et marque définitivement l’histoire exploratrice du festival laboratoire dans les Vosges du Sud. Olivier Splimont n’exprime pas tant la gravité chez Bach mais l’exigence que la perfection de sa musique nous impose. Exigence et ivresse du sens qui l’inspire. CONCERTOS EN URGENCE… Même sentiment et confirmation des affinités entre le chef d’Alia Mens et les univers en constellation d’un Bach universel et génial, la seconde soirée, celle du dimanche 30 juillet 2017, réactive les mêmes arguments et qualités expressives mais dans le registre profane et concertant. D’aucun pensent les Brandebourgeois (ici n°1 et 3) pour des œuvres rien que virtuoses et rythmiquement palpitantes, en réalité il y croît toute une activité souterraine, organiquement harmonieuse, secrètement éloquente dont Olivier Spilmont semble détenir le sens profond et caché. Toute sa direction tend vers ce geste prophétique d’une pensée incarnée dont la direction et le regard sont en connexion avec les sphères. Il y a du Promothée dans ce geste de bâtisseur et de poète qui relit Bach comme personne aujourd’hui. La révélation d’une affinité est donc totale cet été à Musique et Mémoire. Et si parfois la conception semble tendue (manque de temps pour des répétitions très denses), que d’éléments en articulation, en couleurs, en accents, tous porteurs d’une intention supérieure, le chef a encore à nous faire entendre / comprendre. Le cas des Brandebourgeois est très clair, révélateur de cette matrice flamboyante dont Olivier Spilmon sait réorganiser le mouvement, serviteur lui-même d’une idée souveraine inscrite dans une intelligence active que la direction tend à rendre explicite. Dans cet éclectisme synthétique où les styles germanique, allemand, italien, français… fusionnent, s’exaltent, se métamorphosent, l’approche nous paraît davantage évidente par sa force charpentée : une clairvoyance très construite, où à travers le jeu des styles, le dialogue entre les instruments (cors et hautbois), souvent surenchères (un rien trop accentuées du côté des hanches), resplendit l’appétence de Bach pour la diversité formelle, encore et toujours la construction, le jeu des formes, l’hyperactivité des perspectives, l’architecture musicale, tours, tourelles, amoncellement et modénatures, galeries, portiques, perspectives à l’infini, une vision de … la cité céleste (cf. leur premier cd chez Paraty). « Les cors semblent s’inviter dans un salon », selon les propres mots du chef… mais au-delà du plaisir d’une dramaturgie purement instrumentale, – où le délire, la frénésie, l’humour ravageur s’imposent aussi, on détecte chez Bach – grâce à l’ivresse maîtrisée du chef, ce goût de l’exacerbation créative qui inspire le compositeur dans l’écriture pour tel ou tel instrument, jusqu’à pousser ses dernières limites au bout des contraintes techniques : jeu, facétie, expérimentation. Quelle finesse de conception de finir ce programme marqué par la virtuosité, par la suprême élégance d’une danse française que Bach pense comme l’aurait écrite Rameau lui-même : rien n’atteint la pure poésie, tension et abandon, raffinement et légèreté, badinerie et nostalgie du Menuet concluant le Concerto n°1 (BWV 1046). Le rythme danse et pense. La musique réorganise le monde et rétablit les équilibres de la grande mécanique céleste. La musique s’électrise, feu, énergie, révélation. Comme si la mathématique de Bach soudainement avait perçu, ressenti le mystère fascinant des rouages célestes qui pilotent l’univers. Olivier Spilmont nous parle cette langue. Nouveau Promethée dans les traces d’Harnoncourt, de Bruggen, de Leonhardt (ses maîtres et modèles). La découverte de ce Bach demeure foudroyante. A Fabrice Creux directeur de musique et mémoire le mérite d’avoir su mesurer l’exceptionnel potentiel de Alia Mens et la vision de son chef ainsi investi. MUSIQUE ET MÉMOIRE : MODÈLE UNIQUE EN FRANCE D’UN FESTIVAL EXEMPLAIRE, LABORATOIRE ET PÉPINIÈRE De la part du Festival, et de son directeur Fabrice Creux, le fonctionnement des résidences d’artistes ainsi réalisées sur une durée de 3 ans, porte ses fruits ; l’attente des festivaliers est récompensée face à de telles explorations voire accomplissements sonores. D’année en année, la maturité artistique et l’intelligence des intentions se précisent et s’enrichissent : au public de plus en plus curieux, le plaisir de suivre les jalons d’une vérité qui se fait jour. A Musique & Mémoire, grâce au risque assumé artistiquement, et l’implication exemplaire des artistes et ensembles invités, le spectateur a le sentiment de vivre en 2017, ce qui se passait à l’époque des premiers faiseurs de rêve, ces défricheurs, nouveaux explorateurs de continents musicaux à conquérir, quand il y a 40 ans, la Révolution baroqueuse savait cultiver non sans grâce et âpreté, la culture de l’expérimentation, le risque du défrichement. Quand beaucoup de festivals préfèrent le confortable et le déjà connu, Musique & Mémoire sème le défi du dépassement, les vertiges de l’expérimentation, l’émulation qui naît des « premières »… Ici, Olivier Spilmont dirige pour la première fois, des effectifs aussi importants (33 instrumentistes et chanteurs sur scène pour le programme donné en création, dédié à l’Anniversaire de la Réforme). Ce goût de tous les paris produit souvent l’exceptionnel et l’inespéré. Ce n’est pas la réussite des Timbres, – autre ensemble en résidence (VOIR notre reportage de l’ensemble Les Timbres 2015, De Proserpine de Lully au carnaval baroque des animaux… ) qui démentira ce que nous ont offert les 29 et 30 juillet derniers Alia Mens et Olivier Splimont. CAP EN 2018 POUR LES 25 ANS ! Et ce n’est pas le programme qui s’annoncera bientôt pour 2018 qui fera rupture avec de tels accomplissements. Programmation à suivre sur CLASSIQUENEWS (édition événement car il s’agit des 25 ans du premier Festival de musique ancienne et baroque dans les Vosges du Sud). Et pour tous ceux qui souhaitent découvrir ou retrouver le son et l’engagement d’Alia Mens chez Jean-Sébastien Bach, le disque récemment édité par PARATY, « La Cité céleste » saura combler vos espérances (LIRE ici notre critique complète du cd La Cité céleste). Alia Mens dans Bach : voilà une promesse de concert qu’il ne faut pas manquer. A suivre. —————————— Compte-rendu, festivals été 2017. Musique & Mémoire, les 29 et 30 juillet 2017. Résidence d’Alia Mens, année 2/3 : Jean-Sébastien Bach. Olivier Spilmont, direction. Samedi 29 juillet, 21 h Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains Soli Deo Gloria Un office pour l’anniversaire de la Réforme Kyrie et Gloria – Missa brevis BWV 233 Cantate Mit Fried und Freud BWV 125, 1725 (pour la fête de la Purification) Cantate Ein’ feste Burg ist unser Gott BWV 80, 1724 (pour la fête de la Réforme) Cum Sancto Spiritu – Missa brevis BWV 233 Alia Mens Jenny Högström, soprano Marie Frédérique Girod, soprano Cécile Achille, soprano Pascal Bertin, alto Damien Ferrante, alto Anaîs Bertrand, alto Dàvid Szigetvàri, ténor Stéphen Collardelle, ténor Pierre Perny, ténor Victor Sicard, basse Geoffroy Buffière, basse René Ramos Premier, basse Stéphanie Paulet, premier violo, Fiona Emilie Poupard, violon Varoujan Doneyan, violon Stephan Dudermel, second violon Benjamin Lescoat, violon Simon Heyerick, alto Myriam Mahnane, alto Jérôme Vidaller, violoncelle Ronan Kernoa, violoncelle Christian Staude, contrebasse Niels Coppalle, basson Anna Besson, traverso Laura Duthuillé, hautbois Vincent Blanchard, hautbois Nathalie Petibon, hautbois Jeroen Billiet, cor Yannick Maillet, cor Eulalie Poinsignon, orgue positif Olivier Spilmont, direction Dimanche 30 juillet, 21 h Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains Collegium musicum II Concerto Brandebourgeois n°1 en fa majeur BWV 1046 Concerto pour 2 violons en ré mineur BWV 1043 Concerto Brandebourgeois n°3 en sol majeur BWV 1048 Alia Mens Stéphanie Paulet, premier violon et violon piccolo Stéphan Dudermel, violon Fiona Emilie Poupard, violon Varoujan Doneyan, violon Benjamin Lescoat , violon Simon Heyerick, alto Myriam Mahnane, alto Jérôme Vidaller, violoncelle Ronan Kernoa, violoncelle Nils de Dinechin, violoncelle Christian Staude, contrebasse Niels Coppalle, basson Vincent Blanchard, hautbois Laura Duthuillé, hautbois Nathalie Petibon, hautbois Jeroen Billiet, cor Yannick Maillet, cor Eulalie Poinsignon, orgue positif et clavecin Olivier Spilmont, clavecin et direction



Carnets sur sol

7 août

[Carnet d'écoutes n°108] – Moitié d'été

Liste (pas du tout exhaustive) d'écoutes, avec de rapides commentaires publiés à l'origine sur Classik ou Twitter (voir par exemple le fil du mois ). Pas du tout soigné ni détaillé, mais un bon moyen de donner envie d'écouter des choses dont je n'ai pas forcément le temps de faire état ici. Une fois que tout le monde aura ces deux lieux dans ses habitudes, je pourrai arrêter les reports ici. En rouge, je signale les nouveautés discographiques. Porter la mitre et lorgner sous les jupes. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Baroque et classique Peu d'écoutes de ce côté, ce mois-ci. ¶ Ottone de Haendel. Assez déçu par l'œuvre très peu saillante (en tout cas le premier tiers : je me suis lassé). Par Petrou aussi, étonnamment terne. Et vocalement, très beau mais assez uniforme (Čenčić, Hallenberg, Sabata). Quitte à écouter du seria, il y a de grandes œuvres disponibles chez Haendel, ou des raretés de Hasse ou Porpora autrement avenantes (noms sur demande), voilà. Claude-Guy HALLÉ, Ricordo du tableau Saint Paul à Lystre pour Saint-Germain-des-Prés (1717) Conservé au Musée Carnavalet Néanmoins : Ce n'est pas lui, mais seulement Le petit page avec la lampe. Romantisme allemand ¶ Début d'une nouvelle intégrale des Sonates de Beethoven, par mon #chouchou Giovanni Bellucci (ma référence dans Schubert ou Liszt). Netteté d'articulation, soin de l'ornementation, science précise du rubato, un beau fondu presque sans pédale, sens du chant… on retrouve tout cela. Peut-être que pour Beethoven, l'enjeu est un peu grand sans pédale, et j'entends quelques apprêts un peu sophistiqués ou une petite froideur / dureté en enfilant les Sonates à la suite. Mais l'une des plus belles propositions pour ces premières sonates ! ¶ Beethoven, 6 Quatuors Op.18, Takács SQ. Le son est large, certes, mais la précision de trait et la finesse d'esprit sans égales. Depuis que j'ai découvert leur opus 76 de Haydn, je ne parviens pas, dans l'immense discographie, à en écouter d'autres sans frustration. ¶ Intégrale Eisenlohr-Naxos des lieder de Schubert, volume 9 (Eiche, Fuhr). Beaucoup de belles pièces pas très données. Lorsque je rencontre celles que j'ai jouées et chantées, le texte se déroule immédiatement, et je sens encore les gestes vocaux dans ma bouche, la résistance du piano sous mes doigts.Pax vobiscum, An die Leier, Jägers Liebeslied, et bien sûr Schiffers Scheidelied, un de ceux dont on se demande pourquoi ils ne sont pas des tubes ! Belle voix de Markus Eiche, mais transposé un peu grave, l'expression est étouffée. Un des rares volumes sans Eisenlohr. ¶ Échanges autour de versions récentes du Winterreise (Padmore-Lewis, Finley-Drake, Bauer-Immerseel, Bauer-Mauser, Harvey-G.Cooper, Rose-Matthewman…) et des versions pour basse (Holl-Grubert, Moll-Garben, Talvela-Gothóni, Polgár-Schultsz, Bastin-Kneihs, Vogel-Dunckel, Gmyria-Ostrin…). ¶ Et la grosse claque du soir : reconstitution de l'Inachevée de Schubert par Venzago (arrangement et direction ). Je me suis plongé dans ses notes explicatives : reconstruction narrative fantaisiste, mais sens très fin des nécessités musicales. J'ai déjà publié une notule à ce sujet, l'écart entre le propos et le résultat est fécond. Il affiche une tranquille satisfaction quand même étonnante, jugeant son mouvement récrit « le plus exaltant de la symphonie », et affirmant, à propos de son patchwork schubertien, que « Mahler aurait été enchanté » ! #MrGuéridon #BerliozStyle ¶ Schubert – Quatuor n°15 – Kremer, Ma & friends. Supra-mou, une collection de solistes qui n'ont pas dû beaucoup répéter, alors que l'un et l'autre peuvent être de magnifiques chambristes. ¶ Norbert Burgmüller – Quatuor n°4 Petit bijou tempêtueux du premier romantisme, comme ses symphonies. ¶ Liszt – Orpheus – Phiharmonique de Berlin, Mehta Version très généreuse et voluptueuse, on perçoit encore mieux le côté piano-orchestré, mais aussi les grandes beautés de la pièce. ¶ Mendelssohn – Symphonie n°3 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) ¶ Mendelssohn – Symphonie n°4 – Freiburger Barockorchester, Heras-Casado (HM) Cette version atypique (Mendelssohn par un orchestre en principe spécialiste du cœur du XVIIIe italo-germanique) se réécoute vraiment très bien ! Le choral du début de la 3 est un peu dépareillé, certes, mais sinon, ces couleurs comme ravivées par abrasion, un régal. Il y a peut-être mieux (pour la 4 en particulier, assez vive pour sonner très vive et fine sur instruments modernes – Dohnányi-Cleveland, Ashkenazy-DSOB , Tennstedt-Berlin !), mais ce demeure tout à fait exaltant et revivifiant ! ¶ Mendelssohn – 3 Psaumes – Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) Dans ces pièces en majesté, un certain manque de fermeté ici… d'ordinaire j'apprécie considérablement la grandeur douce de ce chœur, pas du tout opératique (amateurs de haute volée ? spécialistes du chant sacré ?), mais ici, on perd beaucoup en impact dramatique – or, Richte mich Gott… ! ¶ Écouté le Parsifal d'Elder avec Hallé, donné aux Proms il y a quelques années, dans la prise de son toujours phénoménale du label de l'orchestre. Vision très hédoniste, assez lente, comme contemplant ses propres timbres, qui serait un premier choix, avec une bonne distribution (Dalayman et Cleveman juste après leur faîte), n'était Tomlinson qui ne peu plus lier ses notes, et seulement pousser ses aigus. Vu la quantité de texte à dire, malgré un résistance au temps pas si mauvaise, tout de même une réserve sérieuse si on ne collectionne pas les Parsifaux ! ¶ Brahms – Sérénade n°1 – Capella Augustina, Spering Décevant, lecture décente mais assez terne pour une version HIP, et du Spering en particulier. J'en reste donc à Boult-LPO et Chailly-Gewandhaus. Mais il m'en reste encore plein à essayer (le problème est que je réécoute Boult à chaque fois…) : Bertini, McGegan (Philharmonia Baroque !), Jaime Martín avec Gävle, Ticciati-Bamberg, Kertész-LSO (j'ai dû écouter ça il y a très longtemps), Haitink-Concertgebouworkest (idem), Abbado avec les jeunes Mahler, Bongartz avec la Philharmonie dresdoise… Putto chirurgien, très appliqué. Jacques BLANCHARD, Saint Sébastien (années 1620-1630). Musée Bossuet. Romantisme français ¶ Le Freischütz version Berlioz, tellement meilleur que l'original. Quels récitatifs (de la même couleur que les airs), quelle fluidité ! ¶ Réécoute de La Reine de Chypre d'Halévy, le V enfile vraiment les tubes (voir explication un peu plus macrostructurelle sur CSS) : « Malgré la foi suprême », « S'arrête la victime », « Guerre à Venise » !. Le reste n'est pas vilain non plus ! Je confirme mon impression, de loin le meilleur Halévy (avec les parties de Noé qui ne sont pas de Bizet – non pas que celles de Bizet soient laides, au contraire, mais elles ne sont pas d'Halévy !). ¶ Réécouté Proserpine de Saint-Saëns aussi, débat sur Classik . ¶ Saint-Saëns – La Muse et le Poète Ressemble assez aux vilaines caricatures qu'on peut lire sur lui dans les Histoires de la Musique. Pas fabuleux : peu de matière musicale (et pas très originale), une dimension concertante un peu didactique (dialogues…), sans vraiment être très évocateur. J'aime passionnément quasiment tout Saint-Saëns, mais la maison ne fait pas de miracles non plus. ¶ Dans l'album romantique-français-tardif-rare de Gens et Niquet, très intéressé par le sens dramatique de Niedermeyer (promis par Bru Zane en intégralité). En revanche, les airs isolés (sulpiciens de surcroît), malgré la beauté de la voix, je salue mais n'y reviendrai pas souvent. Rares sont les récitals d'opéra auxquels je reviens, les airs étant en général les parties moins intéressantes musicalement, dramatiquement. À quand un récital de quintettes, sextuors et finals ? (Déjà, de duos, comme Thébault-Pruvot-Talpain, c'est autrement mieux !) Parmi les beaux exemples, le récital de Skovhus-Conlon, parcours qui raconte quelque chose. Putto-atlante assez herculéen. Plaque funéraire de Lazzaro Doria (notable gênois), attribué à Giovanni Gagini (1486). Romantisme italien ¶ Verdi – Nabucco – Mariotti (C Major) Avec Theodossiou, Ribeiro, Nucci, Zanellato. Remarquable, ébouriffant, très finement dirigé, très bien chanté. Je n'ai pas mieux en magasin. Et l'œuvre , quel bijou – l'orchestration n'est pas fabuleuse, mais pour le reste, les concertatos incroyables, la veine mélodique ininterrompue, le drame qui calvalcade ! ¶ Verdi – Nabucco – Santi, Paris 1979 (Arthaus) La mise en scène est très… tradi (tous les bras en croix face à la scène dans leurs grandes robes satinées de dorures), mais le plateau fait toute l'impression : Bumbry, Cossuta, Raimondi ! J'aime un peu moins Milnes, aux portamenti très appuyés (et qui a moins de graves que son partenaire ténor Cossuta), mais tout ça est remarquable, et bien qu'épais, l'accompagnement vit très bien. Je l'avais déjà écouté il y a longtemps (sans le visuel), et c'est ce qui se faisait de mieux avant que n'arrive la nouvelle génération de chefs raffinés dans ce répertoire. ¶ Verdi – Attila – Rinaldi, Christoff ¶ Verdi – Attila – De Biasio, Battistoni Opéra qui a toujours ses fulgurances (les clefs de fa, passionnantes) et ses longueurs. Pour une fois, déception avec la version parmesane : les voix graves sont vraiment ternes, et ce ne peut pas passer dans un opéra qui repose complètement sur leurs tempéraments ! ¶ Verdi – Il Corsaro – Montanaro (C Major) Un des meilleurs Verdi, pourtant un des moins donnés. Comme Oberto ou Stiffelio, c'est pourtant du premier choix (je trouve ça nettement plus abouti que Macbeth et un peu plus trépidant que Luisa Miller, par exemple). Version exemplaire aussi, avec quatre chanteurs exceptionnels et un chef intéressant. ¶ Verdi – Stiffelio – Qiu, Aronica, Battistoni ¶ Verdi – Stiffelio – Chelsea Opera Group Quel opéra ébouriffant ! Et cette fin totalement inattendue… Quel sujet, aussi : l'adultère de la femme d'un pasteur contemporain ! Battistoni est ma référence habituelle, mais la bande de cette compagnie de Chelsea est épatante. Miricioiu est certes déclinante, mais le ténor Peter Auty est une révélation étourdissante… on se demande pourquoi on embauche les vedettes actuelles quand on a des gens comme lui. Une voix mixte ronde, égale, glorieuse sur toute l'étendue… la diction est un brin enveloppée, sans doute, mais le charisme vocal et la poésie de l'instrument sont incroyables. Comment se fait-il qu'on ne se l'arrache pas, à l'heure où les grandes maisons se contentent en général de ténors vaillants mais aux timbres frustes ou aux aigus blanchis ? ¶ Verdi – Luisa Miller – Martínez, Vargas, Zanetti, Paris 2008 L'œuvre, malgré ses faiblesses (dramatiques en particulier – il ne faut pas avoir honte de se réclamer de Schiller !), ne manque pas de beautés musicales, et Zanetti y est particulièrement passionnant. Netteté, articulations expressives… l'orchestre dit beaucoup ici. Au pied d'une statuette ornementale de satyre en laiton doré, trois putti font de la musique sylvestre. Objet étrange, puisqu'il est associé par l'orfèvre-vedette de l'Empire, Odiot, à une coupe « sein » (à la forme non équivoque), et qu'il récupère les putti de sa base de vases à parfum qu'il avait fournis à l'impératrice Marie-Louise neuf ans plus tôt, en 1810. (Une des spécificités du métier de fondeur est qu'on peut effectivement réutiliser des modèles ou des fragments pour tout type d'objet.) Décadents germaniques ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°6 – Radio de Berlin-ex-Est, Thomas Sanderling (BIS) Comme la 5, pas ultime, certes, mais du beau postromantisme bien fait, plutôt sombre mais pas sophistiqué, qu'on aurait du plaisir à entendre en plusieurs versions et au concert. ¶ (Karl) Weigl – Symphonie n°5 « Apocalypse » – Radio de Berlin (ex-Est), Thomas Sanderling (BIS) Effectivement, le premier mouvement est difficile à encaisser (ces instruments qui s'accordent platement au début, et ces trombones étiques supposément menaçants, vraiment pas à la hauteur de son ambition). Et les Quatre Cavaliers sont assez déroutants – une large part du mouvement est écrit dans le mode majeur avec une orchestration légère qui fait la part belle aux flûtes… En revanche, l'adagio évoquant le Paradis Perdu réussit remarquablement son projet extatique, rien que pour ce quart d'heure il faut écouter la symphonie, autrement un peu frustrante. La Sixième est beaucoup plus régulière et convaincante. ¶ (Karl) Weigl – Phantastisches Intermezzo – Thomas Sanderling (BIS) Ça virevolte comme le Scherzo fantastique de Stravinski, ça mérite l'écoute. ¶ Hausegger – Aufklängen, Dionysische Fantasie – Bamberg, Hermus. Ça vient de sortir chez CPO. Il y a aussi Wieland der Schmied (mais lui plusieurs fois gravé), le thème de l'opéra que Wagner n'a pas écrit… C'est du du Schmidt en plus plus straussien, plus lumineux, moins ronchon, du superbe romantisme tardif élancé et diapré. ¶ Mahler – Symphonie n°7 – Concertgebouworkest, Chailly (Decca) Limpide et coloré, bien bâti, j'aime beaucoup cette version. (Sans atteindre mes plus chères, Jansons-Oslo, Stenz-Gürzenich…) ¶ Jan van Gilse – Symphonie n°2 – Symphonique des Pays-Bas (sis à Enschede), Porcelijn (CPO) Peut-être bien la symphonie que j'aime le plus de tout le XXe siècle. ¶ R. Strauss – Capriccio – Prêtre Version avec Della Casa et Vienne, moins intéressante que celle qu'il fit avec Lott (ma référence). Un peu figé, voix que je ne trouve pas très typées : Ch. Ludwig, Kmentt, Kerns, Berry… Vienne vraiment sur la réserve aussi, comme souvent. Je crois que ça a été publié il y a relativement peu de temps, ça n'existait pas il y a deux ou trois ans dans la discographie. ¶ Diepenbrock – Zum grossen Schweigen – Hagegård, Concertgebouworkest, Chailly Belle balade orchestrale (sans valoir ses fresques plus ambitieuses). ¶ Je trisse la Verklärte Nacht d'Oskar Fried. S'il y a bien une œuvre qui ferait un tabac en salle… Bouleversant à chaque fois. (Parce que les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt , ça vaut bien les Vier letzte Lieder , mais je me doute que peux aller me brosser.) On ne l'entend pas très bien sur le disque (l'orchestre est capté un peu en arrière et vaporeux), mais il y a de très belles choses en matière d'orchestration, des échos entre les différentes parties, des contrechants de cor magnifiques, des moments où les vents sont seuls pendant l'exultation finale. Encore plus impressionnant que l'impression globale, en y regardant de plus près. J'ai prévu d'enrichir la notule en conséquence, ou d'en faire une autre. Dans quelque temps. J'ai découvert qu'une intégrale des lieder de Fried existait (par les mêmes chanteurs, Landshammer et Rügamer), et qu'une énorme cantate devrait bientôt paraître, mais je ne trouve pas trace de ces disques. ¶ Ben-Haim – Quatuor n°1 – Carmel SQ (Toccata) ¶ Ben-Haim – Quintette à deux altos – Carmel SQ (Toccata) Très bien. Pas aussi saillant que ses meilleures œuvres symphoniques, mais j'y reviendrai pour approfondir. ¶ Ben-Haim – Symphonie n°2 – Philharmonique de la Radio de Hanovre, Yinon (CPO) Beaucoup plus lumineuse que la Première, proche de la 2 de van Gilse, des 2 et 4 de Nielsen. Dans les deux cas, les mouvements lents sont extraordinairement prégnants. Et le concerto grosso est encore meilleur, pas du tout archaïsant d'ailleurs. ¶ Paul Ben-Haim – Symphonie n°1 – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Fanfare pour Israël – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) ¶ Paul Ben-Haim – Métamorphoses symphoniques sur un choral de Bach – Philharmonique de la NDR, Yinon (CPO) Rien à voir ici, les trois œuvres sont très sombres, beaucoup plus « modernes » que la Deuxième Symphonie. Le mouvement lent de Première Symphonie est, comme pour la Deuxième, particulièrement prégnant. Les Variations sont vraiment très diverses, quoique toujours tourmentées (pas tant musicalement qu'expressivement) et la Fanfare pour Israël résonne plutôt comme une marche funèbre – assez peu éclatante, même dans la douleur. Dans les tableaux mariaux de Largillière (les deux vers 1730) tout le monde, même les putti, a les mêmes traits : ceux d'Anita Cerquetti. XXe français ¶ Confidence : le disque de mélodies que j'ai, de loin, le plus écouté. (Gabriel Dupont par Peintre & Girod, chez Timpani.) ¶ Mélodies de Fauré par Lenaert et (Ph.) Riga. Du Fauré aux [r] très roulés, avec piano d'époque, très belle diction posée sur le timbre franc de Lenaert. Je n'avais jamais remarqué le côté très aulnisant de Fleur jetée ! Attention, le timbre (que j'aime) n'est pas voluptueux, c'est plutôt de la taille/ténor baroque, il faut écouter pour l'équilibre général ! ¶ Très belle réussite du disque Schindler-Debussy avec l'Orchestre de Franche-Comté : la « Symphonie Pelléas » de Constant, dont on n'a que deux exemples au disque (Märkl éloquent et élancé, Baudo plus sucré et fondu), sonne très bien ! Seul détail qui donne l'avantage à Märkl et le National de Lyon : le final du IV n'est pas aussi ardent. Grandes lectures orchestrales de Pelléas dans les deux cas ! (Contrairement à l'infâme collage Leinsdorf d'interludes, souvent joué, le montage Constant inclut d'autres moments importants et cohérents, pas seulement les interludes – dont une large partie du final du IV, donc. Par-dessus le marché, les ponts sont beaucoup plus adroits et ne semblent pas des tunnelets flottant sur une mer de Debussy.) Le reste est moins intéressant : les Maeterlinck ne sont pas le meilleur de Zemlinsky, la voix de Druet n'est guère séduisante, et Le Bozec est pour la première fois de sa vie en petite forme. Pour les quelques Alma Schindler , on dispose d'aussi bons disques, et procurant l'intégralité des lieder. ¶ Mariotte – Impressions urbaines Un chef-d'œuvre du figuralisme mécaniste, du niveau de Meisel … mais au piano ! Contrairement aux autres œuvres de cette veine, d'ailleurs, c'est la poésie qui prévaut ! (existe par Blumenthal chez Timpani) Là aussi, le disque de piano que j'ai, d'assez loin, le plus écouté depuis sa parutition ¶ Honegger – Concerto pour violoncelle – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Très beau celui-là aussi, j'y reviens souvent. ¶ Pour le reste, quelques opéras fétiches (L'Étranger de d'Indy, Monna Vanna de Février, L'Aiglon d'Ibert-Honegger dans la reprise de Marseille avec d'Oustrac). Et puis Lazzari, même si ce n'est pas La Lépreuse : La Tour de feu, prise assez inaudible (que ce soit chez Cantus Classics ou Malibran), impossible de percevoir ce que fait l'orchestre. ¶¶ d'Indy – L'Étranger – Foster Ce mélange de motifs et harmonie wagnériens et de chants populaires français, qu'est-ce que c'est fabuleux ! ¶¶ Février – Monna Vanna – Rennes 1958 (Quel dommage qu'il manque les dernières répliques sur la bande Malibran !) ¶¶ Ibert-Honegger – L'Aiglon – Dervaux Un des opéras que j'ai le plus écoutés, je crois, mais je n'avais pas encore exploré cette version historique (Boué, Despraz, Bourdin). Je croyais pourtant avoir entendu de grandes versions orchestrales avec Lacombe, Nagano et Ossonce, mais je suis frappé par la précision des climats campés par Dervaux, que je tenais plutôt pour solide qu'inspiré. Vraiment épatant, il n'y a que Boué, un peu aigrelette, qui soit en dessous des autres versions (il faut dire que face à Cousin, Gillet et d'Oustrac, qui pourrait en mener large !). ¶¶ Lazzari – La Tour de feu – Ruhlmann 1944 Le son est vraiment trop défavorable (voix très en avant, orchestre fort mais parcellaire) et le français trop mauvais (génération où la diction était lâche, façon Lubin) pour pouvoir en tirer quelque chose. Mais comme j'aime énormément La Lépreuse , je réessaie périodiquement. Putto très grognon. Clément BELLE, La découverte de la profanation des saintes hosties à Saint-Merri (1759) Commémoration très expressive de cet événement survenu en 1722. Peint et conservé à l'église Saint-Merri de Paris. Fleurs scandinaves ¶ Horneman – Quatuors 1 & 2 Du romantisme simple et lumineux, mais pas fade comme du Gade (ou même les quatuors de Langgaard). Pas grand comme Larsson plus tard, qui est beaucoup plus personnel, mais très beau de tout de même. Christian Horneman était un contempteur de Niels Gade, qu'il jugeait trop germanisant – de fait, Gade composait souvent en allemand (des lieder, ou bien grande cantate Comala ), et pas nécessairement sur des sujets danois. Tandis que Horneman a écrit une Ouverture de concert pour l'Aladdin d'Oehlenschläger , la grande figure qui importe le romantisme de Schiller, de Goethe et des Schlegel dans la langue danoise (c'est l'œuvre pour laquelle Nielsen a écrit sa musique de scène). ¶ Horneman – Suite de Gurre – National du Danemark, Johannes Gustavsson (Da Capo) Toujours dans cette veine, qui refuse tout à fait les expressions tourmentées. Mais pas sans expression, loin de là ! – je trouve ça plutôt mieux que les suites de Peer Gynt de Grieg… Sur le même disque, on trouve Le Combat des Muses, avec parties vocales, tout aussi réussi, et Kalanus. Il existe un autre disque qui reprend partiellement le même programme, par Schønwandt et la Radio Danoise. Je crois qu'avec le disque de quatuors, ce sont les trois seules monographies discographiques disponibles pour Horneman. ¶ Hamerik, Symphonie n°2. Hamerik fait du Mendelssohn dans les années 1880, mais les deux premières ne manquent certes pas de personnalité ! Probablement les deux symphonies auxquelles le mot « poétique » s'appliquent le mieux, et tout en simplicité. La façon dont le calme thème B du I de la 2 devient une marche altière, c'est rien, mais c'est beau. Ou le bucolisme de la 1, partout. ¶ Hamerik, Symphonie n°7. Qu'est-ce que le niveau baisse…J'adore pourtant les deux premières, bien les 3-4-5, mais la fadeur de la dernière ! Je n'ai pas réécouté le Requiem en couplage, mais il est de la même farine. ¶ Hamerik – Quartetto On dirait que Hamerik a cru que le suffixe en « -etto » avait ici un sens diminutif ! Minuscule pièce d'une dizaine de minutes, très jolie, mais beaucoup moins marquante, dans le genre paisible-souriant, que les Horneman (son aîné de trois ans seulement). ¶ Stenhammar, Symphonies. Assez ternes sur tous les aspects, même si le final de la 2 (un peu) plus folklorisant est sympa. Tellement loin du charme naïf de la sérénade simili-mozartienne ou de la densité d'écriture des quatuors (fabuleux) ! À tout prendre, ses concertos pour piano font de bien meilleures symphonies ! (même les zébrures sibéliennes de la 2 ne sonnent pas très hardies ; certes Neeme Järvi ne semble pas dans un jour de grande nervosité) … Bien, en réécoutant les concerts, le Deuxième Concerto est quand même bien fade… et la Deuxième Symphonie par Westerberg, ça change tout, superbe ! ¶ Stenhammar – Sérénade – Chambre d'Uppsala, Mägi Jouée avec cette verdeur, ça devient passionnant. Et un véritable cycle Hagegård (qui a occasionné une récente notule ). ¶ Grieg – 4 Psaumes – Hagegård Chœur de la Cathédrale d'Oslo, Kvam (Nimbus) ¶ Rangström – 5 Poèmes de Bergman, La Fleur sombre et autres cycles. Svendén, Hagegård, Schuback (chez Musica Sveciæ). De très belles atmosphères traitées dans la langue locale, ce qui n'est finalement pas si évident chez les compositeurs nordiques. ¶ Hagegård, tubes d'opéra (Pagliacci, Faust, Rigoletto, Così, Tannhäuser, Don Carlo) et airs suédois. Une belle grâce là où on ne l'attend pas, et touours ce vibratello charmant. La Romance à l'Étoile est l'une des plus belles que j'aie entendues, dans un secteur pourtant fort chargé (DFD, Blanc, Mattei, Gerhaher…). On sent la parenté d'école avec Mattei d'ailleurs, l'aisance du mixage et des nuances en sus… ¶ (August) Söderman – Tannhäuser – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Une vaste ballade dont les divers climats sont assez réussis. Elle commence par des appels qui font écho aux trompes vascellaires de la fin de Tristan. ¶ (August) Söderman – Kung Heimer och Aslog – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Aulin – Poèmes de Tor Hedberg – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Comme toujours dans les mélodies d'Aulin, délicatement coloré. ¶ (Ragnar) Althen – Land du välsignade – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Très beau chant patriotique, simple et élancé. ¶ (Andreas) Hallén – Junker Nils Sjunger till Lutan (av Gustaf Wasas saga) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Autrement dit : l'aristocrate Nils joue du luthn extrait de saga. ¶ Alfvén – Skogen sover (La forêt repose) – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) ¶ Stenhammar – Suède – Hagegård, Radio Suédoise, Kjell Ingebretsen (Caprice) Ce sont là les couleurs délicates du Stenhammar de la Sérénade. Putti qui attirent l'attention du photographe tandis que Jésus, au-dessus, est un peu déchiré. Noël COYPEL, une Crucifixion étrangement intitulée Le Christ pleuré par les anges. (ce qui paraît tout sauf évident, garnements) Musée Bossuet. Britanniqueries ¶ Stanford – Stabat Mater (conseil de Gilles Lesur ) Très inhabituel, une vision très dramatique et extravertie de ce texte. J'aime beaucoup. ¶ Elgar– Quatuor – Villiers SQ Bien joué comme cela ! Son calme un peu étale fonctionne très bien ainsi, beaucoup mieux qu'à l'ordinaire. ¶ Delius – Quatuor – Villiers SQ Très ravélien en réalité, mais un Ravel pas du tout frénétique comme celui du quatuor. Très, très beau. ¶ York Bowen, Symphonies n°1 & 2 (BBCPO, Andrew Davis). De très beaux morceaux de postromantisme généreux ! ¶ Robert Still – Quatuor n°1 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°2 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°3 – Villiers SQ (Naxos) ¶ Robert Still – Quatuor n°4 – Villiers SQ (Naxos) Du jeune Schönberg au vieux Chosta, un corpus très réussi dans un style évolutif mais homogène. Du premier, complètement tonal même si « avancé », on parcourt toute une évolution stylistique : le 2 évoque plutôt le jeune Schönberg ou les quatuors de Korngold, le 3 plutôt le jeune Chostakovitch, le 4 plutôt le dernier Chostakovitch, tout cela en restant dans une couleur qui lui est propre. Par goût, j'apprécie particulièrement le deux premiers, mais les quatres sont remarquables. (Et le Quatuor Villiers est, ici, encore, absolument parfait.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Dans cette version, on ne voit pas le bouclier aux mains d'Ubalde. Est-ce ce que tient le putto dissimulé ? Ou bien un tambour de basque ? Un miroir ? Slaves ¶ Présentement, les deux petits accordéons de la Deuxième Suite de Tchaïkovski ! On joue très peu ses Suites, qui valent pourtant les symphonies ! Beaucoup plus de mouvements fugués, de couleurs, de danse surtout. Ça se vaut, vraiment ! ¶ Tchaïkovski – Symphonie n°1 – St. Luke's, Heras-Casado (HM) ¶ Tchaïkovski – The Tempest – St. Luke's, Heras-Casado (HM) Vision allégée et sobre, comme on pouvait s'y attendre, sans être fondamentalement différente en conception de la tradition. ¶ Taneïev – Quintette à deux altos – Taneyev SQ (Northern Flowers) L'une des meilleures œuvres de chambre de Taneïev (le sommet restant plutôt le Quatuor avec piano, à mon sens), beaucoup plus intéressante que les quatuors un peu académiques. ¶ Martinů – Concerto pour violoncelle n°1 – Johannes Moser, Radio de Saarbrücken, Poppen Splendide concerto (j'ai ai parlé plusieurs fois ici même, sur CSS) – l'orchestre y dit beaucoup. Et Moser est, à mon sens, le meilleur violoncelliste soliste actuel, d'assez loin… aussi bien maîtrise que son ou expression, ébouriffant. ¶ Pawel Łukaszewski, chœurs sacrés. Très tradi, mais les chuintantes des Chants Funéraires Kurpiens (en polonais ou dialecte afférent), les quintes dures, les petits agrégats suspendus à la mode traditionnelle sont réellement délicieux. Le legs latin est plus insignifiant. Et ne me dites pas que c'est introuvable, ça vient d'être édité (ou réédité) chez Warner. Si vous aimez Tormis, même veine. ¶ Avet Terterian – Symphonie n°3 (chez ASV). L'usage des percussions seules et des effets de cordes (glissando) est assez ludique, et ce devrait bien fonctionner en salle avec un public néophyte; en revanche, côté matière musicale, c'est comme chez Say, il faut chercher. Mais j'ai peut-être manqué des choses au delà du premier mouvement : j'ai dû m'interrompre, et j'avoue humablement ne pas avoir (étrangement) trouvé de temps pour m'y remettre. Nous sommes peut-être aux Invalides, mais les putti sont bien portants. (Vous noterez le front napoléonien du second.) Et aussi ¶ Propositions d'enregistrements du Sacre du Printemps . ¶ Moisson du jour un peu moins exigeante. Mendelssohn baroqueux, Verdi fin, Tchaïkovski allégé, postromantisme carinthien, pop coréenne 2000's Dont : ¶¶ Davichi – Hot Stuff ¶¶ Narsha (avec Miryo) – 나 언제나 그대곁에 있어요 ¶ Je découvre avec un disque Bernstein par Minnesota-Oue (pas Berlin-Abbado quand même !) l'existence de ce modeste label. |:-o ¶ Diodet-Lamareille, Ce que c'est qu'un drapeau. Qu'est-ce que ça fonctionne bien ! Versions Thill, Dona, Patard et puis Mestral, Noté… Plutôt que Thill que tout le monde connaît, Dona … (Patard est seul à faire le couplet central et ne fait que celui-là, étrangement – le moins intéressant, dans un ton un peu négatif pas très congruent avec le principe de la chanson patriotique.) ¶ Luis Fonsi – Despacito Faut bien se cultiver. ¶ J'ai aussi écouté, un peu incrédule, les chansons racistes de l'Expo coloniale de 1931. Nénufar est particulièrement frappant (la reprise en chorus « Nénufar — Nénufar ! — T'as du r'tard — T'as du r'tard ! — Mais t'es un p'tit rigolard »…). [texte complet] Oui, quand même. (On notera avec intérêt la fortune pré-1990 de l'orthographe « nénufar ».) (Possiblement un autre sous-entendu raciste, d'ailleurs.) Jean-Baptiste PIERRE, Renaud dans les jardins d'Armide. Musée municipal de Meaux. Quelle est la femme ? Concerts ♫ J'avais déjà mentionné quelques mots sur Le Timbre d'argent de Saint-Saëns. En voici une autre version, un peu plus lisible . La bande est disponible sur France Musique. L'Opéra-Comique en publiera une version vidéo, je crois (ou était-ce Alcione ?), et Bru Zane devrait le publier en CD. ♫ Lamento della Pazza de Giramo et canzoni de Kapsberger et Strozzi par les Kapsber'girls , un programme un peu plus vert que le précédent (et à mon avis des œuvres moins intéressantes), mais qui promet beaucoup lorsqu'il sera rodé ! ♫ Encore une fois le Trio Zadig , cette fois dans Ravel et Schubert (et aussi conversation sur Classik). ♫ Quintettes à vent de Barber, Ligeti, Arnold, et (arrangé de) Debussy. ♫ Déjà mentionné le mois dernier, mais c'était un concert de juillet, et il mérite bien une seconde mention : Chœurs de Saint-Saëns, d'Indy, Schmitt, Poulenc – Chœur Calligrammes, Estelle Béréau (Notre-Dame-du-Liban). Quand des post-wagnériens comme d'Indy et Schmitt se passionnent simultanément pour le folklore français… jubilatoire et très riche à la fois, un répertoire qui n'est pas du tout documenté par le disque. Témoignage très précieux, et dans le top 10 des concerts de la saison… … et j'ai encore pour la troisième fois manqué le Trio Sōra (Tchaïkovski et Chosta 2, j'avais ma place d'ailleurs…), que je languis de réentendre ! Putto courant sans pieds ailés. Daniel SARRABAT, L'Enlèvement d'Europe (comme vous pouvez le deviner à senestre). Musée Bossuet. Quelques balades illustrées ► Voyage à Enfer . ► Méry-sur-Oise , exploration nocturne conceptuelle. ►Atmosphères prégnantes de Saint-Laurent à Beaumont-sur-Oise. ► Visite de la cathédrale de Meaux . Espace extraordinaire. [récit en cours] ► Visite de Dourdan . [récit partiel, je vois que je n'ai pas mentionné l'église en particulier, ni l'histoire du restaurateur viollet-le-ducal…] ► Exposition 1870 aux Invalides, plus didactique qu'artistique, mais avec un superbe Doré en cadeau. ► Détails de l'exposition Baroque des Lumières (tableaux d'églises françaises aux XVIIe et XVIIIe siècles) au Petit-Palais. ► Le musée Bossuet dans l'ancien palais épiscopal de Meaux. Superbe fonds de peintures françaises XVIIe-XVIIIe. [récit en cours] L'Amour sans bandeau ne fera pas grâce à la nymphe qui s'enfuit. Une autre vision, beaucoup plus déterministe. (Cratère d'ornement à l'extérieur de l'hôtel de ville de Meaux; seconde moitié du XIXe.) Quelques lectures citées → Fil Byron : relecture du Corsair, citations d'extraits. En cours. → Extraits et citations tirés de la seule biographie d'Eugène Scribe – par Jean-Claude Yon, historien. Où je n'ai pas trouvé les réponses à mes questions sur l'absence de scandale de Robert le diable ; comme souvent dans ce type de biographie, Yon cherche surtout à réhabiliter le sérieux, l'humanité, la paternité des œuvres de son chouchou, plutôt qu'à expliquer les raisons littéraires de sa place, et y parle assez peu des contenus des œuvres, très peu d'opéra. Le contexte de sa production, ses rapports avec les autres écrivains ou les directeurs de théâtre sont très précisément documentés, mais ne laisse pas de place pour répondre à ce qui m'intéressant – d'autres monographies seraient à écrire. Ici aussi, exploration en cours. Les Clefs du cœur. François LEMOINE, Ricordo de la coupole de la chapelle de la Vierge à Saint-Sulpice (années 1730) Conservé au presbytère de Saint-Sulpice. Annexe : Les tartelettes ? Les tartelettes sont une cotation purement personnelle que je n'ai pas retirée lorsqu'elle figurait déjà. Elles n'ont aucun lien avec la qualité objective ou l'audace des œuvres, elles témoignent uniquement de mon intérêt subjectif à les écouter. Elles ne tiennent pas compte des interprétations (sinon ce devient trop complexe, aussi bien pour moi que pour celui qui veut écouter l'œuvre et n'a pas forcément le même disque). Il ne faut donc pas les lire comme les étoiles « objectives » des magazines (ou des webzines qui se prennent au sérieux) qui servent à donner ou pas la moyenne aux enregistrements. Pas mon univers. Pas déplaisant, mais pas nécessaire à réécouter. Exemples : Certaines symphonies mineures de l'ère classique. (Plutôt Stamitz que Vaňhal ou Cannabich, mais ce dépend vraiment des opus.) Les lieder de Brahms. Messagesquisse de Boulez. Agréable, à réécouter de temps à autre. Exemples : Les lieder strophiques de jeunesse de Schubert. Tannhäuser de Wagner. Domaines de Boulez. Très belle œuvre, à réécouter souvent. [Concerne donc une très large part du répertoire.] Exemples : Die Dichterliebe de Schumann, Lohengrin de Wagner. Un œuvre particulièrement enthousiasmante, à réécouter le plus souvent possible. Exemples : Parsifal de Wagner. Il Trovatore de Verdi. Les lieder d'Alma Schindler-Mahler . Dialogue de l'ombre double de Boulez. La poignée des œuvres de chevet, celles qui parlent le plus immédiatement et le plus intimement. Exemples : la Première Symphonie de Czerny, le Via Crucis de Liszt, le dernier tableau de Das Rheingold de Wagner, Arabella de R. Strauss, les lieder en duo Op.14 de Reger, Die verklärte Nacht de Fried… Ainsi, à part la tartelette seule qui est un peu mitigée (agréable mais oubliable, proche de l'indifférence), la seule présence de tartelettes indique que j'ai aimé. Un Tx3 n'est donc pas une note « moyenne », mais au contraire déjà la marque des grandes œuvres – la différence avec les deux degrés supérieurs relevant de ma plus arbitraire inclination. Exceptionnellement, dans les cas graves, il arrive que je distribue des tartelettes au citron meringué, qui sont à la vraie tarte au citron ce qu'est Bachar el-Assad à Gandhi. Je n'ai pas aimé du tout, du tout. Ça ne me parle pas / c'est moche. Exemple : L'œuvre orchestrale d'Olga Neuwirth. C'est insupportable, grotesque, scandaleux. Et surtout ça fait mal. Exemple : L'œuvre pour orgue de Philip Glass. Je suis mort. Je mets ces diverses tartelettes quand je suis sur Classik parce que ça m'amuse, que ça fait un repère visuel, que ça permet de provoquer gentiment, mais ça n'a pas grande utilité : ce ne témoigne que des déviances de mes goûts, et ne garantit rien sur vos propres dilections. D'où l'intérêt des mots, qui permettent de caractériser plutôt que de noter…

Jean-sébastien Bach
(1685 – 1750)

Johann Sebastian Bach (21 mars 1685 - 28 juillet 1750), en français Jean-Sébastien Bach, est un compositeur, organiste, claveciniste, violoniste et altiste allemand. Johann Sebastian Bach est considéré comme le plus grand compositeur du style baroque et comme l'un des plus importants de tous les temps. Compositeur de l'époque baroque dont il symbolise l'apogée, son influence est majeure et durable dans le développement de la musique occidentale. De grands compositeurs, tels que Mozart, Beethoven, Berlioz, Brahms, Wagner, etc., reconnaissent en lui un maître insurpassable. C'est un musicien complet qui maîtrise la facture des instruments, la technique instrumentale, la composition, l'improvisation, la pédagogie, et la gestion d'une institution musicale. Localement connu de son vivant comme organiste et improvisateur, sa musique est rapidement oubliée après son décès, car passée de mode. À de rares exceptions près, son œuvre est manuscrite et non publiée. Dispersée et en partie perdue, elle est redécouverte au xixe siècle et étudiée par les romantiques.



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