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Musique classique et opéra par Classissima

Jean-sébastien Bach

vendredi 30 septembre 2016


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Compte rendu, festival. Haute-Saône, Musique et Mémoire. Week end 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes à Musique et Mémoire : les 400 ans de Froberger

Classiquenews.com - Articles Compte rendu, festival. Haute-Saône, Musique et Mémoire. Week end 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes à Musique et Mémoire. Les Cyclopes, ensemble instrumental et vocal codirigé par Bibiane Lapointe (clavecin) et Thierry Maeder (orgue) ont apporté une preuve éclatante de la réussite du projet artistique façonné édition par édition par le directeur du Festival, Fabrice Creux. Comme pour la résidence féconde du jeune collectif Les Timbres (dont le noyau des fondateurs forme un trio pétillant, irrésistible, d’une élégance superlative), – c’est comme Les Cyclopes, ensemble sur instruments d’époque, le bénéfice d’une compréhension musicale et humaine particulièrement forte entre une institution idéalement ancrée dans son territoire et des familles de musiciens qui unis dans l’esprit d’une troupe à forte affinité et complicité, sont prêts à relever les derniers défis du spectacle vivant et accessible : adéquation toujours profitable pour les festivaliers venus découvrir les fruits de cette coopération qui réinvente la notion même de festival. Ce grand « week end » des 20 au 24 juillet 2016, – soit 6 programmes inédits, véritables jalons d’un nouveau marathon artistique-, Les Cyclopes donc mettent en lumière l’oeuvre de Johan Jacob Froberger (1616-1667), qui souffle ses 400 ans en 2016, et qui est mort sur le territoire même des Vosges Saônoises, en 1667. La trace de ce dernier séjour est encore présente au château d’Héricourt, bâtisse de sa protectrice et élève, la princesse Sybille de Wurtemberg. Les Cyclopes à Musique et Mémoire réussissent le pari de l’exploration heureuse… Clarifier FROBERGER et le rendre vivant LE SAVANT rendu palpitant… Oeuvre particulière vouée à la recherche, et d’un caractère « réservé », c’est à dire conçue pour une élite d’amateurs et de proches, – amis ou protecteurs-, dont Sybille de Wurtemberg auquel le compositeur avait demandé de ne pas publier ni diffuser ses oeuvres, le corpus des partitions ainsi abordé, restait méconnu du grand public. Pourtant Froberger a voyagé dans l’Europe entière, comme compositeur (et certainement diplomate), rencontrant Weckmann, Gibbons, Frescobaldi puis Carrissimi, et aussi Louis Couperin, en un tour d’Europe, – Italie, Grande Bretagne, Allemagne, France qui indique l’ampleur du périple parcouru et la pensée musicale qui en résulte. Un auteur qui avant Jean-Sébastien Bach, réalise une synthèse musicale et esthétique à l’échelle européenne. D’où la valeur de son écriture qui méritait bien ce focus dédié à son oeuvre et sa pensée. Mort en mai 1667 (d’apoplexie) dans la tour d’Héricourt actuelle (vestige le plus spectaculaire de l’ancien château de la princesse Sybille), Johan Jacob Froberger réalise et laisse en héritage une prodigieuse synthèse entre toutes les cours européennes d’alors : fascinante, son oeuvre pour clavier influence tous ses contemporains par sa richesse et son raffinement ; surtout par son contrepoint remarquable (appris auprès de Frescobaldi) et par sa maîtrise du style français des luthistes (dans les nombreuses plaintes à Sybille, à lui-même, à Ferdinand III son protecteur) ; un style aussi assimilé auprès de Kirchner, le prodige fou rencontré en Italie (« le savant aux milles savoirs ») avec lequel Froberger élucide et explicite le fameux Stilus fantasticus, cet art spécifique qui fait parler le clavier, propre à l’Allemagne du nord, particulièrement marquant pour des auteurs tels Weckmann et aussi Buxtehude. C’est dire son importance. Pas un seul portrait identifié mais une musique singulière et profonde, parfois complexe qui cependant saisit aussitôt qu’elle s’écoute. Les interprètes que la succession des 7 programmes semble non pas contraindre mais au contraire stimuler, rendent immédiatement accessible tout un monde sonore jusque là connu de quelques amateurs. Les défis sont pourtant nombreux car chaque concert mérite une attention / concentration particulière et un effectif singulier. LES VOYAGES DE FROBERGER. C’est d’abord l’explication du génie « à la vie secrète » (concert conférence, le 20 juillet à Héricourt) : soutenu, compris (quoi de plus encourageant pour un créateur que de se voir estimé et respecté pour ses idées et son oeuvre), Froberger pourrait bien avoir été comme son contemporain le peintre Rubens, – préfigurant la carrière diplomatique de Stefani au XVIIIème, un artiste missionné (et financé) par un riche puissant protecteur, en l’occurrence pour Froberger l’Empereur Ferdinand III, tout au long de ses nombreuses escales européennes. Le 22 juillet suivant, oeuvres en l’honneur de « Madame Sybille » en référence à l’Allemande que le professeur dédia à sa meilleure élève et amie… Enfin les quatre derniers programmes les samedi 23 et dimanche 24 juillet, suivent les voyages de Froberger en Europe : à Rome, où il assimile l’oeuvre de Frescobaldi (Héricourt, église luthérienne, le 23 à 15h); puis à Hambourg où le jeu des rencontres réalisant des miracles stimulants, il se lie avec Matthias Weckman (Belfort, temple St-Jean, le 23 à 21h) ; enfin jalons d’une pensée universelle, dimanche 24 juillet : Somptueux cheminement jusqu’à Londres (Plainte faite pour passer la mélancolie, en référence au titre de sa pièce composée pendant son séjour dans le royaume britannique, jusqu’à Oxford), surtout finale en apothéose : à Fresse, à l’église Sainte-Antide : évocation de la Diète d’Empire à Ratisbonne en 1653, réunion des politiques germaniques après la Guerre de Trente Ans, et donc célébrations musicales des grands de ce monde : Froberger y côtoie sans démériter les Bertali, , Valentini, surtout Schmelzer que Les Cyclopes connaissent bien pour lui avoir dédier un disque entier. Style germanique et italien fusionnent comme toujours aux noces des puissants (Ferdinand III épouse un princesse Gonzaga, Eleonore, sa 3ème femme, justement couronnée à Ratisbonne). CYCLOPES, VIVANTS AMBASSADEURS. Tout cela est magnifiquement exprimé, incarné par le collectif réuni autour des deux guides, Bibiane Lapointe et Thierry Maeder. La franchise des intentions, le naturel du style, la cohérence de l’ensemble éclairent chaque séquence avec une énergie convaincante. Au cœur de chaque proposition, la présence du clavier, instrument phare de son expérimentation et déjà avant Beethoven, Liszt, et Schumann comme Carl Philip, l’outil familier de toute la recherche de Froberger. A défaut de pouvoir voir les traits de Froberger – il n’existe aucun portrait authentifié de lui, les amateurs ne peuvent qu’écouter ses oeuvres, ce qui évidemment n’est pas négligeable. C’est pourquoi quand Bibiane Lapointe s’empare du clavier, c’est comme si nous assistions au travail de recherche mené par Un Froberger rendu à la vie. Le créateur est certes théoricien ; mais ses avancées dans l’écriture et la mise au propre de ses propres expérimentations formelles sont décisives. Il a su organiser c’est à dire, mettre en ordre la Suite française qui influencera JS Bach. Les Cyclopes relève un défi audacieux : exprimer la complexité d’une œuvre savante : ils lui rendent sa vivacité première, ce d’une éloquente façon. A l’invitation de Fabrice Creux, le parcours réalisé sur 5 jours, offre un aperçu sensationnel d’une écriture certes raffinée mais généreuse, abondante par sa densité, libre dans ses audaces. En somme, un profil qui sied admirablement au Festival Musique et Mémoire, que Fabrice Creux aime à définir non sans raison comme d’un « festival laboratoire ». Le compagnonnage entre le collectif artistique des Cyclopes et Musique et mémoire se donne tous les moyens pour démystifier la question musicale, et les interprètes requis, formidables ambassadeurs, en guides habités, rendent concrète la démarche esthétique, vivante sa fabuleuse créativité. L’érudition du compositeur savant fait place à une offre flamboyante par sa diversité de formes, que Les Cyclopes réinscrivent dans leur contexte, celui d’une oeuvre resserrée mais très aboutie (à la manière d’un Leonard de Vinci) ; dans celui de l’époque où a vécu Froberger dont les relations professionnelles, amicales, ressuscitent une constellation humaines et artistique de premier plan. Le cycle de concert suit les voyages en Europe de Froberger, restituant ce maillage complexe et très riche d’influences entre les foyers et les nations qu’il a su approcher. Les Cyclopes éclairent à quel point l’oeuvre de Froberger n’a rien d’anecdotique, c’est a contrario l’affirmation d’une superbe pensée pour la musique : c’est un penseur qui même confidentiel laisse en héritage une oeuvre fondatrice dans l’élaboration du langage baroque européen. L’ÂME D’UN FESTIVAL EXPLORATEUR. Ainsi l’esprit de troupe, telle une conscience collective porté par un geste commun d’une belle cohésion, inspire ici 6 programmes inédits, couleurs et apports particuliers, cultivant ce qui n’a rien de convenu, préservant toujours la recherche sonore et musicale pour transmettre la clarté et l’évidence d’un courant, d’une question au départ abstraite et érudite, mais qui parle directement à notre imaginaire contemporain. Voici donc ce qui est particulier au Festival Musique et Mémoire et nul par ailleurs, l’esprit d’un atelier, le dévoilement du cœur de la forge musicale, ouverts à tous : c’est la résolution d’une pensée savante enfin clarifiée par un geste clair, libre, naturel. C’est pourquoi tout ce qui se passe à Musique et Mémoire renouvelle notre approche actuelle des musiques anciennes. Audace et engagement, accessibilité et diversité des formes de concerts, voilà la clé d’un Festival exemplaire. Passionnant. Compte rendu, festival. Haute-Saône, Musique et Mémoire. Week end II / 20-24 juillet 2016. Les Cyclopes à Musique et Mémoire. Les Cyclopes, ensemble instrumental et vocal , Bibiane Lapointe (clavecin) et Thierry Maeder (orgue), direction. Célébration des 400 ans de Johan Jacob Froberger en Haute-Saône.

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CD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016)

CD, compte rendu critique. Haydn : La Reine. Rigel, Sarti (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, 1 cd Aparté, mars 2016). Voici donc le premier cd du collectif rassemblé, piloté, électrisé par le violoniste Julien Chauvin : Le Concert de la Loge. D’emblée, la Symphonie n°4 de Rigel, mort en 1799, emblématique de cette nervosité frénétique post gluckiste (les réminiscences de son Orphée et Eurydice français sont bien perceptibles ici), fait valoir les qualités expressives de l’orchestre sur instruments anciens : les cordes vibres, claquent, vrombissent, très affûtées, efficaces, d’un relief mordant, d’une élégance parisienne totalement irrésistible. Le calibrage très fin de la sonorité, la caractérisation filigranée que permet aujourd’hui les instruments d’époque (cordes, cor, hautbois, bassons…) permettent de percevoir ce fini racée, nerveux, en effet véritablement frénétique propre à la période où travaille travaille Rigel, c’est à dire en peine esthétique préclassique et préromantique, réponse au Sturm und Drang germanique. Ainsi ressuscite le son et l’engagement expressif du Concert de la loge dirigé par Viotti au XVIIIIè, actif au sein du Concert des Amateurs jusqu’en janvier 1781, puis au Louvre, salle du Pavillon de L’Horloge (d’époque Louis XIIII), à partir de janvier 1786. La coupe syncopée, le flux mordant et palpitant, la vitalité générale milite en faveur du collectif réuni, piloté par Julien Chauvin. S’inspirant des concerts éclectiques au Concert Spirituel, offrant aux parisiens des programmes mi lyriques mi symphoniques, Julien Chauvin ajoute au programme purement symphonique Rigel / Haydn, des extraits lyriques d’époque : ici l’air de Sélène, extrait de Didone Abbandonata de Giuseppe Sarti (1762), prière à l’adresse d’Enée, d’un coeur amoureux, implorant que le héros demeurât in loco à Carthage… Eloquente, d’une couleur tragique, désespérée, le soprano ardent, vif, impliqué, comme blessé, de Sandrine Piau, éblouit par sa grâce musicale, la justesse des intentions expressifs et une style qui sert avant tout le texte. Le clou du programme, en conformité avec les concerts données à Paris par Le Concert de la Loge reste évidemment la Symphonie La Reine de France (n°85), de Joseph Haydn. L’époque est celle de l’esthétique européenne prônée par Marie-Antoinette, d’un éclectisme nerveux, tendu, élégant – la souveraine est capable de favoriser après son cher Gluck, Sacchini, Piccini, Gossec, Jean Chrétien Bach … : cordes ardentes, frémissantes, à l’unisson précis, fluide ; harmonie calibrée, nette et précise pour un son global d’une absolue clarté. Julien Chauvin veille à l’élasticité électrique des instrumentistes de son ensemble. Le premier mouvement n’est que tension et frénésie, les cordes admirables de galbe ; le climat électrique que le chef instille au collectif trouve un équilibre irrésistible entre cordes, bois, vents et cuivres. La rusticité affichée par l’énoncé du motif du second mouvement à la flûte, distille ce caractère de chasse (cors pleins de panache), cette superbe un rien bravache qui nourrit là encore la vitalité des respirations. Le Menuet est fiévreux, enivré, taquin, d’une articulation subtile et facétieuse, avec propre à l’Orchestre du Concert de la Loge, une vivacité du trait qui confirme les excellentes capacités des instrumentistes : Julien Chauvin réussit par son sens de l’élégance, des couleurs instrumentales (hautbois, flûtes, bassons…). Le finale, Presto captive par sa coupe frénétique, ses syncopes admirablement tempérées par le geste nerveux et élégant de l’ensemble. De toute évidence, le premier cd du Concert de la Loge affirme une excellente vivacité, une finesse d’intention superlative. A quand la suite ? CLIC de Classiquenews d’octobre 2016. CD, critique compte rendu. Le Concert de La Loge, Julien Chauvin : Rigel, Sarti, JC Bach, Haydn (Symphonie La Reine). 1 cd Aparté




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28 septembre

ENTRETIEN avec Maude Gratton à l’occasion du Grand Week end inaugural à La Rochelle : “Claviers en fête!”

ENTRETIEN. Grand entretien avec Maude Gratton à l’occasion du week end inaugural à La Rochelle où son ensemble Il Convito présente 3 concerts événements afin de manifester son installation sur le territoire. La passion du clavier et du partage, le souci de la transmission inspirent la claviériste qui depuis ses claviers (clacevin, orgue, pianoforte…), sait diffuser son sens de la connivence et du dépassement. Avec Il Convito votre propre ensemble sur instruments d’époque, qu’allez-vous jouer pour ce premier week-end inaugural à La Rochelle? Quelles oeuvres, dans quel effectif et pour quelles raisons ? Il Convito existe depuis dix ans mais ne s’était encore jamais « posé » quelque part. L’idée première de ce grand week d’inauguration est de marquer les débuts de son installation à La Rochelle et en Région Nouvelle Aquitaine, de présenter l’ensemble au public et aux partenaires. Les programmes des trois concerts de « Claviers en fête » se devaient de refléter le travail accompli jusqu’à maintenant, ainsi que les projets futurs. N’ayant pour l’instant jamais souhaité poser de restriction au niveau du répertoire, je propose donc une découverte de l’Ensemble Il Convito à travers ses multiples ramifications de la musique Renaissance à la musique du XXè siècle, et avec ses artistes invités : Edding Quartet, la soprano Camille Poul, la violoncelliste Claire Gratton, la violoniste Sophie Gent, l’historienne d’Art Anne Bernadet Delage, les hautboïstes Patrick Beaugiraud et Vincent Robin. « Une soirée avec Mozart » est le premier projet d’orchestre d’Il Convito (création mai 2016), première pierre dans l’édifice !… Nous en proposons une version en petit effectif avec le Concerto n°9 dit « Jeune Homme ». Edding Quartet, associé depuis quelques années aux projets d’Il Convito, jouera en introduction le 7ème quatuor opus 59 de Beethoven, fêtant ainsi la sortie toute récente d’un disque Beethoven chez Phi – Outhere music, pour lequel j’ai également participé (Quintette pour piano et vents opus 16). Je tenais également à la présence d’Anne Bernadet Delage historienne d’Art apportant aux programmes d’Il Convito son précieux éclairage, ainsi qu’à un concert spécialement dédié aux enfants autour de la Nature mise en musique. Quant au concert d’ouverture, il sera synonyme d’ouverture : Dowland, Frescobaldi, Bach, Brahms.. côtoieront Britten, Crumb, Messiaen… Depuis le clavier qui est le coeur de tout approche d’Il Convito, de quelles qualités sonores, musicales, êtes vous le plus soucieuse dans le travail avec les autres instrumentistes ? Les instruments historiques sont présents, mais ils le sont de façon naturelle et ne sont finalement pas le coeur du travail en lui-même. Il y a plutôt la recherche d’une certaine forme de clarté, au sens fort du terme ; comment peut-on rendre service à la musique, même avec les parts d’ombre qui sont parfois intrinsèques à certaines oeuvres? Qu’attendez vous dans un premier temps de la résidence à La Rochelle ? Sur quel répertoire / compositeurs allez vous amorcer votre travail musical et instrumental dans un premier temps ? Avec les restructurations actuelles de part et d’autre, je crois qu’une résidence peut et doit se construire en bonne intelligence sur un territoire pris dans sa globalité, en défendant un système de partenariats et de co-productions indispensables à la vie de tout projet désormais. Parmi les prochaines idées de programmes : un projet autour de la Renaissance italienne, du Bach, un projet Haydn / Beethoven, puis du Poulenc… Propos recueillis en septembre 2016 Concerts, Festival événement : « CLAVIERS EN FÊTE ! », du 30 septembre au 2 octobre 2016, LA ROCHELLE : Maud Gratton et Il Convito. LIRE notre présentation complète du festival inaugural CLAVIERS EN FÊTE ! à La ROCHELLE

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27 septembre

Compte rendu concerts. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 20 septembre 2016. Récital de Jeremy Denk, piano

Compte rendu concerts. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 20 septembre 2016. Voyage dans la musique entre 1300 et l’an 2000. Jeremy Denk, piano. J’ai lu (dans le New York Times) que ce pianiste mérite d’être écouté quelque soit le programme proposé. Tout a fait dubitatif mais intrigué je dois avouer que je ne vois pas quoi dire d’autre après cet admirable concert promenade proposé par le pianiste américain Jeremy Denk. Imaginez un voyage musical qui permet de comprendre la construction et l’évolution de la musique occidentale entre 1300 et les années 2000. Cette proposition très iconoclaste l’autorise à jouer sur un clavier tempéré des œuvres vocales écrites en modes. Les compostions de Machaut, Binchois et Ockeghem sont sous les doigts si sensibles de Jeremy Denk… hors du temps et nous « parlent » à travers les âges avec une émotion très particulière. La délicate et fragile mélodie de Binchois terminera le concert comme elle l’a commencé en une boucle qui achève de nous faire perdre les repères temporels. Quelle intelligence ! Les artistes qui savent rendre le public plus intelligent au sortir d’un concert sont des artistes précieux et je crois que le public de Piano Jacobins en a été conscient ce soir : il a même semblé particulièrement ravi. Cet enchainement de pièces improbables au clavier tempéré, la première surprise passée, se révèlent des plus aptes à nous émouvoir par leur étrangeté. Ainsi la musique occidentale savante en deux heures peut se comprendre comme une mise en place de l’harmonie, de la mélodie puis du rythme. Le Zeffiro torna de Monteverdi est au piano aussi improbable … qu’irrésistiblement séduisant. La fin de la première partie permet d’ arriver à un premier sommet avec Johann Sebastian Bach. Jeremy Denk est un extraordinaire interprète de Bach, ses variations Goldberg sont acclamées au concert et son CD est admirable de beauté fluide. Son interprétation de la fantaisie chromatique et fugue en ré mineur, BWV 903 est époustouflante de vie et de précision rythmique. La richesse de cette partition en belles mélodies et architecture complexe montre le degré de perfection atteint par la musique savante et pourquoi Bach est un demi dieu. Après l’entracte c’est le divin Mozart avec l’andante de la Sonate en sol majeur K. 283. Le charme, l’élégance, la ligne de chant infinie, les nuances subtiles et les couleurs douces : tout est enchantement. Beethoven suit tout naturellement avec une énergie rythmique qui bouscule le cadre. Schumann apporte une complexité harmonique et une densité de toucher qui préparent Wagner. Chopin apporte la virtuosité sensible du piano, le legato qui va jusqu’au belcanto. L’interprétation de l’adaptation par Liszt de la Mort d’ Isolde de Wagner est un bouleversant moment de piano roi, à la virtuosité faite musique. Jeremy Denk est un virtuose accompli qui rend lisible tous les plans et sait doser les nuances jusqu’à un fortissimo quasi orchestral. Brahms ensuite aborde la déconstruction sur le plan harmonique ; il bouscule les rythmes avec un Intermezzo. Schoenberg va toujours plus loin dans cette liberté prise. Debussy apporte de nouvelles couleurs et propose un tout « autre piano ». Poulenc déconstruit complètement le rythme. Stockhausen fait perdre tout repères tonal, Glass abolit la pesanteur, et Ligeti ne permet aucun repère, mis à part la perte des repères connus… Et Binchois revient, tout simple et comme perdu parmi nous, tout ébaubis. Nous avons fait un Grand Voyage avec un guide fulgurant. Un pianiste de haut rang, un musicien délicat, un pédagogue plein d’humour. Oui, Jeremy Denk est un Grand Artiste à réécouter dès que possible. Compte rendu concerts. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 20 septembre 2016. Œuvres de : Machaut ; Binchois ; Ockeghem ; Dufay ; Deprez ; Janequin ; Byrd ; Gesualdo ; Monteverdi ; Purcell ; Scarlatti ; Bach ; Mozart ; Beethoven ; Schumann ; Chopin ; Wagner/Liszt ; Brahms ; Schoenberg ; Debussy ; Poulenc ; Stockhausen ; Glass ; Ligeti ; Jeremy Denk, piano.



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27 septembre

Poitiers, TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers, saison 2016 – 2017

POITIERS, TAP. Saison 2016 – 2017 : c’est une saison résolument internationale qui s’ouvre à Poitiers, où les artistes de toutes nationalités écrivent une nouvelle page du vivre ensemble, défendant une conscience partagée, ouverte, généreuse, fraternelle. Car « le multiculturalisme est une richesse et une force », comme le précise dans son édito, Jérôme Lecardeur, directeur du TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers. Pour sa programmation danse et musique classique, le TAP dans les faits cultive les métissages et l’esprit de la rencontre : d’emblée la danse fait ici une percée remarquable grâce aux thématiques défendues et aux personnalités chorégraphiques invitées, célébrées : Nijinsky, Anne Teresa De Keersmaeker (Rain), Jérôme Bel, William Forsythe et Merce Cunningham, ces deux derniers créateurs, étant joués par le Ballet de l’Opéra national de Paris dont les danseurs n’avaient jamais déposé leurs chaussons au TAP ! Une première particulièrement importante (les 10 et 11 janvier 2017). Les mélomanes retrouvent au cours de la saison le travail et l’exploration des répertoires menée par les orchestres et ensembles en résidence au TAP : Orchestre des Champs-Elysées, Orchestre Poitou-Charentes, Ars Nova instrumental, et cette année, une nouvelle invitée, Vanessa Wagner, pianiste curieuse qui aime elle aussi partager ses découvertes et ses expérimentations depuis son clavier défricheur… Parmi les autres invités dont les récitals et programmes sont des événements complémentaires : Jean Rondeau, claveciniste en vue (21 mars 2017 : programme, Concertos de JS Bach et fils), et l’excellente mezzo Isabelle Druet dont classiquenews a précédemment salué la justesse expressive dans Tancrède de Campra ou son dernier album discographique édité chez Klarthe (Alma Mahler, Zemlinsky…). Toujours en jaune, comme la parure de sa façade dominant la ville, le TAP affiche une éclatante énergie, claire et fluo, proposition à penser notre société et garder le cap vers l’excellence dans le partage. Anne peut qu’y souscrire. VISITEZ le site du TAP Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017 Temps forts au TAP de Poitiers saison 2016 – 2017 9 programmes incontournables pour ne rien manquer de la très riche saison nouvelle au TAP Jeudi 13 octobre 2016, 20h30. L’Orchestre des Champs Elysées et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de cette saison, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais témoignage d’estime du jeune Johann pour son aîné tant admiré et estimé, Robert Schumann… En allemand (et non en latin), Brahms détaille avec pudeur et profondeur plusieurs méditations sur la perte d’un être cher, le deuil obligé, la mort, le renoncement au monde et à l’amour. La traditionnelle métamorphose grâce à la musique se réalise en teintes mordorées et scintillante d’autant plus vibratiles grâce au format et au caractère spécifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur à l’espérance finale, où se précise la promesse d’une vie sereine et éternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellée de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel à son « maître » tant aimé ; il lui offre une prière faite de pleine conscience et de gravité maîtrisée. Le chef fondateur de l’Orchestre des Champs Elysées en résidence au TAP, prolonge ainsi son précédent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravé en 1996. Les fiançailles magiques fêtent en 2016, leurs 25 ans : lire plus loin la journée spéciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-Elysées, le jeudi 9 mars 2017-; 20 ans plus tard, le geste devrait éblouir par une expérience plus riche, une compréhension nourrie par des années de réflexion et de méditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, événement, d’autant plus appréciée dans l’acoustique exceptionnellement détaillée et claire du Théâtre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. Les 18 et 19 octobre 2016, 20h30. Hommage à Nijinsky. La chorégraphe Dominique Brun remonte les ballets révolutionnaires de Nijinsky : Le Sacre du Printemps (musique de Stravinsky) et L’Après midi d’un Faune (Debussy). A Paris, en 1912 et 1913, le langage corporel et musical évolue considérablement, exprimant des secousses et convulsions, de nouveaux paysages sonores que les musiques (païennes, expressionnistes, saisissantes) de Stravinsky, ivres d’une sensualité pointilliste (de Debussy) éclairent d’un nouveau souffle. Avec Jeux de Debussy, les Ballets les plus essentiels de l’histoire musicale et chorégraphique s’invitent et se réinventent à Poitiers, les 18 et 19 octobre 2016 avec en soliste l’excellent et rayonnant Benjamin Alu, danseur étoile de l’ Opéra national de Paris. Ainsi le langage des danseurs changent totalement privilégiant les profils pointés, les marches terriennes, les figures angulaires comme inspirées par les bas reliefs antiques… C’est un tout nouveau rapport entre le corps et l’espace, le mouvement et le plateau, le soliste et le corps de ballet… Le relief des instruments comme la trépidation convulsive, onirique des danses rejaillissent avec d’autant plus d’acuité que la bande sonore utilisée est celle des versions historiques, récemment jouées par l’orchestre Les Siècles, sur instruments d’apique, enregistrement (dont Le Sacre de Stravinsky) distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS en 2014. Dominique Brun présente donc un triptyque particulièrement intéressant, composant l’intégralité de sa recherche actuelle sur les Ballets Russes. Mercredi 16 novembre 2016, 19h30. « Variations Diabelli » : l’Orchestre Poitou-Charentes et son chef d’orchestre fondateur, Jean-François Heisser jouent Beethoven et Zender. Au programme, virtuosité pour clavier seul (Variations Diabelli de Beethoven joué par Jean-François Hisser), puis réponse aux 33 Variations ainsi écoutés, à l’orchestre, grâce au 33 Variations d’après Beethoven (2011) de Hans Zender. Le compositeur contemporain est bien connu des mélomanes par ses relectures iconoclastes des grands classiques romantiques : avant les Diabelli, Zender s’était intéressé à retranscrire pour orchestre Le Voyage d’hiver de Schubert : en passant de la forme chambriste et intime, au grand orchestre, que gagne la musique et l’expressivité du motif dans son passage du confidentiel au démonstratif ? L’univers sonore de Zender semble éclairer plus qu’il ne le dénature, le propos originel de Beethoven. En façonnant un nouvel édifice musical et esthétique où brillent l’éclat de nouveaux instruments (accordéon, percussions à la fête), l’idée de Zender est de relire le chef originel de Beethoven en en soulignant la profusion et la richesse intérieure. Le propos de Zender est d’autant plus légitime que Beethoven déjà à son époque avait repris et analysé une Valse d’Anton Diabelli pour concevoir l’enchaînement de ses 33 Variations (1819-1823). Au départ, éditeur et compositeur, Diabelli propose aux compositeurs viennois, d’écrire une variation d’après sa propre valse : les droits du recueil, englobant toutes les variations seraient reversés au profit des veuves et des orphelins des guerres napoléoniennes… Beethoven piqué au vif (et souhaitant aussi percevoir le salaire généreux promis pour une telle composition), s’intéresse finalement au projet et commence par écrire 23 Variations à l’été 1819, puis interrompt son travail pour composer la Missa Solemnis ; enfin termine le cycle d’après Diabelli, en 1823. Toute la démarche de Beethoven consiste à développer l’idée du motif jusqu’à son implosion (d’ailleurs le véritable titre donné par Ludwig au moment de la livraison de l’ensemble est « 33 transformations » / 33 Veränderugnen, sur une valse de Diabelli…) souhaitant démontrer le potentiel immense d’une motif originel simple, grâce à la puissance de son génie recréateur. L’opus 120 est ainsi connu et bien documenté, portant une dédicace à l’Immortelle Bien-Aimée, c’est à dire Antonia Brentano. Mardi 22 novembre 2016, 20h30. UM : souverain moteur de toutes choses : Zad Moultaka, Ars Nova instrumental… Le TAP présente en novembre 2016, une création majeure, fruit de la collaboration du compositeur contemporain Zad Moulataka et l’ensemble en résidence Ars nova instrumental. Comme un écho au Requiem profane de Brahms (cohérence interne de la programmation 2016 – 2017), Ars Nova et son chef fondateur Philippe Nahon réalisent la nouvelle partition de Zad Moultaka d’après Le Livre des Morts tibétain (Bardo Thödol), permettant la rencontre entre voix, machine et instruments, le compositeur explore le registre sacré en Occident. UM fait référence à l’énoncé d’un mantra, c’est aussi les initiales pour « United Motors », c’est à dire référence à la pensée : « Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses ». Que signifie pour nous, dans notre société contemporaine, l’idée d’une énergie première et primordiale ? Vers quel but et dans quelle direction nous mènerait-elle ? La question de la spiritualité dans la société est ainsi posée. Ainsi, inspirées par la conscience d’un compositeur soucieux du sens et des énergies propices à rééquilibrer le monde, « entre l’infra-grave et l’ultra-aigu, les résonances vrombissent, se fondent, se confrontent ; elles dessinent le visage de nouveaux matras. » Et si Zad Moultaka recomposait la matrice sonore d’où allait jaillir un nouveau monde? on ne peut que l’espérer… Création (environ 1h10mn), avec l’Ircam (réalisation informatique musicale), 6 chanteurs de Neue Vocalsolisten, Ars Nova instrumental / Philippe Nahon, direction. Mardi 10, mercredi 11 janvier 2017, 20h30. Rain de Anne Teresa De Keersmaeker. Suite d’une série à présent bien documentée au TAP : Anne Teresa De Keermaesker a déjà présenté à Poitiers, Rosas Danst Rosas (2010), En attendant (2011)… en janvier 2017, la reine de la danse contemporaine présente son ballet mythique créé en 2001 sur la musique répétitive, entêtante, envoûtante de Steve Reich. Hymne au mouvement, flux continu d’une ivresse organique collective, les 10 danseurs recréent au TAP, l’un des ballets devenus classiques du XXIème siècle. La fusion du groupe mouvant et de la musique atteint une jubilation dont il est difficile de se défaire… Rain est une pluie énergisante d’un souffle irrépressible, irrésistible. Mardi 24 janvier 2017, 20h30. Comédie déjantée Renaissance. La fête à laquelle convie les solistes instrumentistes et chanteurs de l’ensemble Doulce Mémoire excite tous les sens : l’esprit, la finesse ; le vin, l’ivresse et la table… tout ce qui compose l’ordinaire de Rabelais : une tablée de solides amateurs, inspirés par la verve gouleyante du truculent poète philosophe. Le texte de Rabelais sert une moisson de mélodies divines concoctées par les compositeurs de la Cour de François Ier dont Jannequin lui-même, avec comme acteurs riches en couleurs, caractères et accents, les instruments rois de la Renaissance : épinette, luth, guitare, cistre, flûtes à bec, bombardes et doulcianes, et … tournebout! Au Théâtre Blossac, Les 3T – Théâtre de Chatellerault dont est originaire Jannequin justement. Bus au départ du TAP à 19h. Mardi 31 janvier 2017, 19h30. Grande soirée à la fois d’intimité chambriste, ardente et éruptive avec d’abord, l’épure irrésistible de Fratres d’Arvo Pärt, dans sa version pour violon (Matthieu Arama, violon) et piano, conçu au moment de la mort de Benjamin Britten, le plus grand et le plus poignant des compositeurs d’opéras britanniques du XXè. Puis, dans le cadre de sa résidence au TAP, la pianiste Vanessa Wagner joue le Concerto pour piano n°23 de Mozart ; enfin, l’Orchestre Bordeaux Aquitaine (Paul Daniel, direction) interprète la 7ème Symphonie de Bruckner, dont l’adagio sublime et intérieur est lui aussi inspiré par la mort d’un proche, et un maître pour Bruckner, Richard Wagner. COCKTAIL AU TAP, jeudi 9 mars 2016… Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ELysées / Philippe Herreweghe… A partir de 12h30, puis dès 18h. Toute la journée. La première édition de « Cocktail » en 2015 fut une totale réussite : festival en une journée, l’offre concoctée par le TAP offre plusieurs concerts de formes différentes dans divers lieux du TAP, avec en invité principal, l’orchestre en résidence, l’Orchestre des Champs-Élysées qui fête en 2016 ses . 25 ans d’activité. Fondé par le charismatique, Philippe Herreweghe, l’ensemble investit tous les espaces publiques du TAP ce 9 mars, de 12h30 (Prélude : concert sandwich, Quintette à cordes de Johannes Brahms, accès gratuit)… Puis à 18h (présentation- rencontre thématisée ouverte à tous : « Pourquoi les chefs d’orchestre mènent-ils tout le monde à la baguette? » avec les instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées : David Wahl et Marie-Ange Petit) – le programme furieusement romantique et généreux est bâti autour des symphonies de Beethoven : n°5 (tellurique, fracassante, révolutionnaire, à 19h15 – durée : 35 mn) puis la n°7 (dansante, dionysiaque, palpitante, à 21h45 – durée : 45 mn). Auparavant et entre temps, 3 offre complémentaires s’offrent au public : Choeur et orchestre des jeunes à 20h15 (soit 70 choristes et 20 musiciens des lycées et conservatoires de la région) réunis autour de l’Orchestre des Champs Elysées pour une performance sacrée et romantique : Requiem de Cherubini, italien devenu directeur du Conservatoire à Paris, doué dans le sillon tracé par Gluck, d’une fièvre préromantique irrésistible, d’avant plus ciselée dans les grands effectifs incluant le chœur (Requiem à la mémoire de Louis XVI, 1816) ; à 21h, double proposition pour un choix difficile : au plateau B : Concert quizz anniversaire (les questions sur l’orchestre des Champs-Elysées ouvrent la promesse de cadeaux à gagner) ou sur le quai de livraison : accents et nuances turques à la manière du XVIIIè, c’est à dire dans le style de la musique des Janissaires avec la percussionniste Marie-Ange Petit, timbalière (mais pas seulement) de l’Orchestre dirigé par Philippe Herreweghe. En concentrant sur une journée et une grande soirée, de nombreuses offres musicales, dans des formats et programmes différents, le TAP entend aussi redéfinir avec sa proposition « COCKTAIL », une nouvelle expérience de la musique à l’adresse de tous les publics… Expérience hors normes, pour tous. Jeudi 16 mars 2016, 20h30. Récital lyrique de haut vol avec le mezzo riche, coloré, articulé d’Isabelle Druet dont on ne cesse d’apprécier le sens du verbe, l’écoute intérieure et une grande intelligence de l’expressivité, jamais outrée ni forcée. Au TAP, la jeune cantatrice que CLASSIQUENEWS a récemment distinguée en décernant à son récent disque édité par Klarthe, le CLIC de CLASSIQUENEWS (programme : lieder d’Alma Mahler, de Zemlinsky…) interprète avec la complicité de la pianiste Anne Le Bozec plusieurs compositeurs inspirés par Shakespeare. Schubert, Schumann, … pour les diseurs germaniques ; plus rares : Sibelius, – sans omettre, Rossini pour que s’animent la prière langoureuse des jeunes incrédules sacrifiées, l’hymne crépusculaire d’Ophélie et de Desdémone, âmes passionnées, amoureuses vouées à la mort ; ou les figures plus souriantes et légères de Silvia, Cymbeline. La chanteuse récidive avec la même complice, Anne Bozec en un duo des plus expressifs, allusifs, habités : comme dans son album discographique précité « Muses » (Lieder de Alma Mahler et de Zemlinsky), Isabelle Druet cantatrice rend hommage à des femmes mythiques inspiratrices… Eternelles icônes du romantisme féminin. TOUTES LES INFOS, les concerts, le modalités pratiques sur le site du TAP, Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017

Carnets sur sol

25 septembre

[concerts] Bilan de septembre, prospective d'octobre

Très beau mois d'octobre prodigue en raretés. Voici ma sélection (hors des choses dans les grandes salles que tout le monde a repéré, comme Eliogabalo de Cavalli, Norma sur instruments d'époque ou les Kerner par Kaufmann & Deutsch…). Mais d'abord : rétroviseur de septembre Si j'ai dit tout le mal possible de Barenboim dans Bruckner, fulgurantes ouvertures de saison au TCE (Kirill Petrenko dans une Cinquième de Tchaïkovski très horizontale et cursive, d'un engagement absolu), à la Maison de la Radio (Saint-Saëns, Ibert, Schmitt, Poulenc, Milhaud dans leurs grandes œuvres avec un ONF digne de son rang de symbole français !) et pour l'Orchestre de Paris (Szenen aus Goethes Faust de Schumann avec Müller, Eriksmoen, Staples, Gerhaher, chœur et orchestre au sommet de leur art). Très joli cycle pianistique à l'Hôtel de Birague également (avec Enescu et Bobescu pour violon et piano), et même du joli jazz vocal traditionnel à l'Hôtel de Castries… Arrivent Faust I & II version musical au Châtelet, Eliogabalo de Cavalli à Garnier et Amphitryon de Kleist à Aubervilliers. Septembre est déjà un grand mois. Sélection concerts ¶ Intermèdes de La Pellegrina, premières ébauches de ce qui deviendra le genre opéra, par l'ensemble Pygmalion à Versailles. (mais c'est cher, 45€ minimum) ¶ Le retour du programme d'airs de cour Guédron & Friends du Poème Harmonique (disque Cœur, l'un des deux ou trois plus beaux jamais commis dans ce répertoire), cette fois avec la grande Eva Zaïcik (on lui consacrera prochainement un petit portrait) au lieu de l'emblématique Claire Lefilliâtre. Au Louvre. ¶ Musique élisabethaine par Hopkinson Smith salle Cortot. ¶ Extraits des Éléments de Lalande & Destouches à l'Auditorium du Louvre. Un superbe disque de l'ensemble Les Surprises a paru, très bien dit et très habité. ¶ Quatuors de Boccherini, Mozart et Pleyel sur instruments d'époque par le Quatuor Pleyel. Temple de Port-Royal. ¶ Une symphonie (inédite ?) de Guénin par le Concert de la Loge Olympique . Couplé avec la 83 de Haydn et des airs italiens de Bach (Johann Christian), Sart et Parisiello par Piau. Noté au Louvre sur mon agenda (il me semblait que c'était à Gaveau. ¶ Les Horaces, dernier opéra français non encore recréé de Salieri. Les deux autres, Les Danaïdes et Tarare étant chacun dans leur genre des chefs-d'œuvre assez absolus, on a bon espoir. À Versailles. ¶ Die Dichterliebe de Schumann et les Harfenspieler-lieder de Schubert avec accompagnement de harpe, au Petit-Palais. ¶ Proserpine de Saint-Saëns, jamais remontée. Saint-Saëns change beaucoup d'un opéra à l'autre, mais il en a assez peu raté. Henry VIII et Les Barbares sont même des sommets du second XIXe français… À Versailles. ¶ Les Satires de Chostakovitch et les Dickinson de Copland aux Invalides. Sélection interprètes ¶ Le Quatuor Hanson jouera Haydn (Op.50 n°6), Mozart (K.575), Webern (Langsamer Satz). Hôtel de Soubise. ¶ Le Quatuor Ardeo joue un superbe programme Schubert 14, Schumann 1 et Kurtág 3 (Officium Breve). À Saint-Quentin-en-Yvelines, où il est en résidence avec des programmes exaltants, de la même farine, durant toute la saison. ¶ L'ECMA (Académie de Musique de Chambre Européenne) au CNSM. Lieu de découvertes majeures, d'artistes qui me hantent depuis. (et ont ensuite remporté les plus grands concours) ¶ Les échanges du CNSM avec le Conservatoire de Palerme pour un programme de musique sacrée franco-italienne du XVIIe siècle… chaque année, un grand moment. ¶ Saraste dans Roméo & Juliette de Berlioz avec Chauvet, Barbeyrac et Neven, voilà qui promet. Sélection théâtre Côté patrimoine européen peu donné en France, c'est un peu l'orgie : Amphitryon de Kleist à Aubervilliers, La Mort de Danton de Büchner à Bobigny, Père de Strindberg salle Richelieu ! Liste élargie Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes réunions professionnelles ou mes complots personnels. Néanmoins, pour plus de clarté : ◊ violet : prévu d'y aller ◊ bleu : souhaite y aller ◊ vert : incertain ◊ **** : place déjà achetée ◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas ◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation ◊ (( : début de série ◊ )) : fin de série ◊ jaune : événement particulier ◊ rouge : à vendre / acheter Les bons soirs, vous pourrez toujours guetter ma bure et mes savates dans les escaliers. Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails.

Jean-sébastien Bach
(1685 – 1750)

Johann Sebastian Bach (21 mars 1685 - 28 juillet 1750), en français Jean-Sébastien Bach, est un compositeur, organiste, claveciniste, violoniste et altiste allemand. Johann Sebastian Bach est considéré comme le plus grand compositeur du style baroque et comme l'un des plus importants de tous les temps. Compositeur de l'époque baroque dont il symbolise l'apogée, son influence est majeure et durable dans le développement de la musique occidentale. De grands compositeurs, tels que Mozart, Beethoven, Berlioz, Brahms, Wagner, etc., reconnaissent en lui un maître insurpassable. C'est un musicien complet qui maîtrise la facture des instruments, la technique instrumentale, la composition, l'improvisation, la pédagogie, et la gestion d'une institution musicale. Localement connu de son vivant comme organiste et improvisateur, sa musique est rapidement oubliée après son décès, car passée de mode. À de rares exceptions près, son œuvre est manuscrite et non publiée. Dispersée et en partie perdue, elle est redécouverte au xixe siècle et étudiée par les romantiques.



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